Trois fermetures de poste d’enseignant, le coup est rude, mais il était prévisible et est hélas, indéfendable au niveau des effectifs avérés !

Tous les chiffres que je vais exposer ont comme source le bureau des Affaires scolaires de la ville ; leur véracité ne peut donc être mise en cause.

À la rentrée de septembre 1995, date à laquelle quelques membres remarquables de ce Conseil étaient, déjà, en situation de gestion, le nombre d’élèves luziens scolarisés dans l’ensemble des écoles luziennes (publiques, privées confessionnelles et associatives) était de 1143. À la rentrée de septembre 2020, ce nombre est tombé à . . . 817. Sur ce laps de temps, notre commune a donc perdu 326 élèves soit près d’1/3 de ses effectifs scolaires. Cela représente l’équivalent de deux groupes scolaires de la taille de l’école élémentaire du Centre. Des explications ?

Faute à une baisse de la natalité ? Objectivement, pour partie peut-être, mais sûrement pas que… puisque dans le même temps des communes comme Ascain, Urrugne, St Pée sur Nivelle, Ahetze connaissaient une croissance remarquable de leurs effectifs scolaires, conduisant à des ouvertures de classes annuelles et en série.

— Faute à la qualité de l’enseignement dispensé ? Certainement pas , dans la mesure où nombreux sont les appels à partir du mois de mars, de potentiels parents d’élèves, désirant connaître la disponibilité des écoles en matière d’inscription.

— Faute à l’investissement municipal auprès des équipes enseignantes ? À exclure, dans la mesure où le directeur nouvellement retraité que je suis, peut encore témoigner de la qualité globale de celui-ci tant sur le plan de l’entretien des locaux scolaires que sur le soutien à des démarches pédagogiques impulsées par les enseignants.

Non, le problème est ailleurs. Depuis les années 2000/2005, la pente de cette déprise scolaire est régulière, sans rebond ou reprise significative. Pire, elle va s’accentuant sur la période 2015/2020 où passant de 909 élèves à 817, nous sommes sur une pente baissière de 10%, conduisant ce soir le Conseil, pour l’heure impuissant, à constater la fermeture de 3 postes dans des écoles luziennes.

Tous les luziens savent que ce mouvement de baisse des effectifs scolaires a débuté autour des années 2000, avec la crise du logement cher, devenant de plus en plus inaccessible aux jeunes couples, parents de jeunes enfants, futurs élèves de nos écoles.

La solution n’est pas à chercher auprès de Mme Arribas Olano et du service des Affaires scolaires mais certainement auprès de Mr Vaquero et du service de l’Urbanisme, faut-il le rappeler, service sous votre autorité Mr le Maire. Seule une politique du logement accessible aux jeunes couples peut permettre d’inverser la tendance. A partir de la mandature 2001, le groupe Herri Berri a multiplié les alertes sur ce thème et, avec retard, autour des années 2010, votre équipe a mis en place une politique plus volontariste sur ce thème du logement. Pour autant, les résultats sont-ils à la hauteur du problème ?

Force est de constater que non, puisque ce soir nous actons la fermeture de 3 postes d’enseignant dans nos écoles. Le vrai marqueur objectif de la réussite d’une politique du logement accessible aux jeunes couples est là ! Dans la qualité de la démographie scolaire en maternelle et primaire ! Ces trois fermetures actuelles signent votre échec, Mr le Maire, en ce domaine ! Vous avez agi trop tard et vous n’agissez toujours pas à la hauteur du problème posé !

Une dernière anecdote terrible et significative pour conclure : un Directeur d’école recevait courant avril, une demande d’inscription pour deux élèves originaires de régions hors du Pays Basque, demande qu’il dirigeait avec une grande satisfaction vers le service municipal des Affaires scolaires. Il y a deux semaines, coup sur coup, les parents l’appelaient pour l’informer que ces inscriptions n’étaient plus d’actualité. Ils n’avaient pas trouvé à se loger sur St Jean, mais cependant inscrivaient leurs enfants dans les écoles de St Pée sur Nivelle et Espelette, communes où ils avaient pu dénicher un logement financièrement accessible ! Non seulement les inscriptions n’ont jamais été aisées, mais aujourd’hui, ce sont à des désinscriptions, dû au manque de logements, auxquelles doivent faire face les Directeurs !

Mr le Maire, avec 817 élèves luziens inscrits dans nos écoles, vous êtes, sur 30 ans, celui qui a atteint le niveau le plus faible des effectifs scolaires.

Nous souhaitons, pour vous et pour les Luziens, que vous ne soyez pas le premier édile à passer sous la barre des 800 élèves à la rentrée 2021. Si cela devait se produire, c’est qu’hélas, notre ville ne va vraiment pas bien ! Et clairement c’est votre responsabilité politique et celle de vos prédécesseurs qui est engagée, car en ce domaine comme dans beaucoup d’autres, il n’y a de place pour la fatalité !