Lors du conseil municipal du 27 février 2015, Peio Etcheverry-Ainchart est intervenu au nom de Herri Berri sur trois sujets d’actualité dont l’augmentation de la taxe d’habitation pour les résidences secondaires.
« M. le maire, le débat entre vous et nous sur une surimposition des résidences secondaires dans cette ville est tellement riche qu’on pourrait en faire un roman, mais citer certains de vos plus récents propos au sujet de cette surtaxe a tout de même quelque vertu pour comprendre pourquoi on peut vraiment parler de double langage. Dans le quotidien Sud-Ouest du 12 novembre 2014, vous disiez « C’est un nouveau tour de vis fiscal alors qu’un gel des impôts a été promis quelques jours plus tôt… ». Un mois plus tard, cette fois en conseil municipal, vous rééditez : « Ce que je vois, c’est un impôt supplémentaire, qui pourra certes être utile, mais qui ne va pas amener un seul logement locatif, ce n’est que de l’impôt, de l’impôt, de l’impôt ». Et enfin votre joli jeu de mots lors de la cérémonie des vœux, pour couronner le tout.

portrait de Peio Etcheverry-Ainchart, élu Herri Berri

De notre côté, nous avons toujours été clairs sur cette question. Je vais même aller jusqu’à vous rappeler le goût quelque peu amer que cette mesure m’a personnellement laissé, alors même que j’avais si longuement travaillé avec Sylviane Alaux sur le fond de cette mesure d’une part, et d’autre part sur le travail de lobby auprès des acteurs du logement et au Parlement. Mais il en est si souvent ainsi des cuisines politiques du parti socialiste, qui prend les bons ingrédients qu’on lui apporte mais finit par bâcler la recette. En l’occurrence, non seulement cette augmentation est très modeste, trop modeste même au regard des enjeux, mais son application crée en outre une petite usine à gaz, de sorte qu’on perdra probablement en efficacité, le temps notamment de distinguer en toute justice ceux qui peuvent être exonérés et ceux qui ne doivent pas l’être. Nous en avons parlé en conseil alors on ne va pas y revenir mais nous, nous aurions fait différemment. Par contre, une chose reste évidente, c’est que nous avons toujours milité pour le principe d’une surimposition des résidences secondaires, à tel point que cela figurait noir sur blanc dans notre programme municipal de l’an dernier, alors que vous pouvez toujours le chercher dans celui du PS, a fortiori dans le vôtre. Quelles que soient ses imperfections, il est donc naturel que nous votions cette délibération.
Mais vous, après tout ce que vous avez pu dire sur cette mesure, après toutes les railleries que nous avons dû entendre à l’époque où vous aviez appris par la presse que je travaillais à ce projet, quelle cohérence montrez-vous donc à l’heure de voter vous aussi cette délibération ? Doit-on donc vous rappeler qu’elle n’est pas obligatoire, qu’y étant hostile vous pouviez parfaitement ne pas la soumettre à l’ordre du jour et attendre que nous vous en parlions ? Mais là, que peuvent comprendre les luziens, en particulier vos propres électeurs, à qui vous dites un jour qu’avec cette mesure ils subissent un honteux matraquage fiscal, alors que le lendemain vous en proposez vous-même l’application dans la ville ? Avez-vous donc changé d’avis sur la question ? Ne faites-vous que suivre encore une fois le vent de tous les autres maires du littoral, qui l’un après l’autre votent cette même délibération ? Pire, êtes-vous cynique au point d’adopter par seul intérêt comptable une mesure fiscale à laquelle vous êtes moralement opposé, par simple effet d’aubaine ?
Saint-Paul sur le chemin de Damas, mouton de Panurge ou Machiavel, on ne sait pas trop. Mais si l’on veut que la parole politique garde encore un sens aujourd’hui, cette délibération appelle davantage d’explications de votre part qu’une simple invitation à la voter. »

Conseil municipal du 27 février 2015, intervention de Peio Etcheverry-Ainchart