Délibération, proposée par la majorité, concernant un droit de préemption relatif à des cessions de fonds de commerce sur un périmètre à définir.

Pour le périmètre de sauvegarde du commerce de proximité

« Nous allons voter OUI à cette délibération qui consiste uniquement à la définition d’un périmètre de sauvegarde du commerce et de l’artisanat de proximité ; lorsque celui-ci aura été défini, toutes les cessions de fonds de commerce, artisanaux et baux commerciaux  s’inscrivant à l’intérieur de ce périmètre, seront susceptibles d’être préemptés par la ville.

rue Gambetta Saint-Jean-de-Luz

Une question concernant les limites de celui-ci : pourquoi la partie supérieure de la rue Gambetta qui part du Boulevard Thiers vers Duconténia, pourtant riche en commerces n’est pas incluse dans ce périmètre ?

Une réflexion plus distanciée : si l’objectif est de « préserver la diversité et l’équilibre de l’armature commerciale et artisanale de proximité » alors cette instauration d’un droit de préemption, peut constituer, effectivement, un marqueur fort de cette nouvelle politique.

Petite piqûre de rappel en lien avec notre intervention lors du dernier Conseil sur le même thème et avec l’objectif tel que défini dans le texte de la présente délibération ; il ne s’agit plus en septembre 2014 de préserver une quelconque diversité et équilibre de l’offre commerciale de proximité, qui en bien des endroits n’existe plus, mais bien davantage de la restaurer et de la pérenniser.

Si ce droit de préemption va dans le bon sens, il n’est qu’un outil parmi tous ceux que vous aurez à utiliser au service de l’objectif posé, et permettez nous de penser pas le plus efficace. Pourquoi ?

  • Relativement peu de fonds de commerces et de fond artisanaux sont à la vente en centre ville.
  • Ces fonds, lorsqu’ils sont sur le marché, atteignent des prix de l’ordre du million d’euros pour certains d’entre-eux, ce qui interdit toute intervention publique, ou à tout le moins la contraignent fortement.

Alors pour autant, sommes-nous dans de l’affichage, dans de la communication afin de montrer que la problématique du commerce de proximité et de qualité a été, enfin, prise en compte ? Aujourd’hui, pas de réponse certaine . . . L’avenir le dira mais cela dépendra, en partie, de votre volonté d’utiliser à bon escient ce droit de préemption. Ikus eta sinets !

Des outils pour peser sur la qualité de l’offre commerciale

Mais cela dépendra surtout des autres outils que vous lui adjoindrez afin de réellement peser sur la qualité de l’offre commerciale. Cela passe, selon nous, par le choix et l’utilisation d’autres leviers autrement plus efficaces:

  • La définition d’une stratégie commerciale à inclure dans le Plan Local d’Urbanisme (PLU) :
    A l’instar de ce qui se fait dans d’autres villes, sur des lieux définis par le PLU, la Mairie autorise seulement l’installation d’un type de commerce compatible avec une politique commerciale préalablement définie.
  • La définition des missions du manager de ville.

Nous avons acté le fait que l’Office du Commerce ne sera pas un organisme autonome mais qu’il constituera une partie de cet ensemble qui sera crée sous le nom de «  Office de Tourisme, de Commerce et de l’artisanat » ; avec cette création sera ouvert un poste de manager de ville qui prendra à sa charge, sous l’autorité de la directrice de l’Office de Tourisme le développement des animations. Brièvement, rappelons que notre préférence allait à la création d’un Office du Commerce, en synergie certes avec l’Office de Tourisme, mais autonome. A notre avis, il était important de dissocier la partie touristique de la partie commerciale pour des raisons de lisibilité et d’efficacité des politiques engagées, même s’il existe, bien sûr, des champs communs d’application.

Le problème des baux précaires

Pour Herri Berri, et cela entre dans la définition des missions de ce manager, au-delà de la partie « animations  commerciales » celui-ci devra s’attacher à fédérer l’ensemble des acteurs du commerce luzien, commerçants et propriétaires de fonds afin que soit menée en concertation une réflexion sur la problématique des baux précaires.

Ici nous touchons le point dur de cette nouvelle politique commerciale qui est appelée à se mettre en place dans les années à venir. En effet, nous pensons que la restauration de la diversité et de l’équilibre de l’offre commerciale passe, d’abord et surtout, par la réduction significative des baux précaires à 23 mois pour revenir à des baux commerciaux à 3, 6 ou 9 ans.

Si nous demeurons dans le premier cas, alors nous continuerons à voir se multiplier des commerces à rentabilité immédiate et saisonnière, loin « du souci de qualité et de proximité que légitimement attendent les Luziens.

Par contre, si nous arrivons à basculer dans la seconde situation, alors les commerçants seront à même de mettre en place un projet commercial structuré et pérenne au service du consommateur luzien, mais aussi également structurant pour notre centre ville.

D’autre part, le point « stationnement et accessibilité » très justement identifié par le cabinet en charge de l’étude mériterait un développement à part entière, mais a déjà été l’occasion de débats riches et soutenus ; vous connaissez nos positions et propositions sur ce domaine, nous n’allons pas y revenir ce soir mais nous avons le sentiment que celles-ci constituent de sérieuses pistes de réflexion, en phase avec les analyses du cabinet expert.

Au regard des enjeux importants pour notre ville que constitue cette redynamisation du commerce en centre ville, Herri Berri prendra toute sa part – parfois critique mais toujours constructive – dans l’élaboration de nouvelle politique commerciale, avec à l’esprit, un seul intérêt : celui des Luziens. »

Conseil Municipal du 26 septembre 2014 – intervention de Pascal Lafitte