30 ans d'aménagement du territoire et d'urbanisme

Depuis 1990, Saint-Jean-de-Luz est marquée par une faible croissance de sa population, des problèmes d’accès aux logements et un étalement urbain problématique.

L’aménagement du territoire et l’urbanisme sont pour nombre d’entre nous des concepts éloignés et ils ne sont pas une réalité palpable. Pourtant une thématique qui nous touche tous découle directement de ces deux concepts : le logement.
Ce logement n’est pas seulement celui dans lequel on vit au quotidien mais c’est aussi celui qui nous permet « de vivre et faire vivre la ville » dans laquelle nous habitons.

1000 nouveaux habitants en 30 ans

Entre 1990 et 2017, soit en quasiment 30 ans, la population de Saint-Jean-de-Luz a peu augmenté de 1 000 habitants. Dans le même temps les communes voisines plus petites voient leur population « exploser », ainsi Ascain gagne 1 600 habitants et Urrugne s’envole avec 4 000 (seule Ciboure fait pire avec seulement 300 habitants gagnés…).
Il est même stupéfiant de voir qu’en 2010 la commune comptait moins d’habitants qu’en 1990 soit 20 ans auparavant ! Heureusement un regain d’habitants autour de 2015 nous amène au chiffre actuel de population municipale. 

saint-jean-de-luz graphique évolution population 1990 à 2017
saint-jean-de-luz graphique évolution population par tranche d'âge

Durant ces mêmes 30 années, Saint-Jean-de-Luz connait un net vieillissement de sa population : + 5% des + de 60ans / – 2% des adultes / – 3% pour les enfants et les jeunes

Une chute de la part des 30-44ans de -5%, soit celle des actifs susceptibles d’avoir des enfants, traduit la problématique d’accessibilité aux logements pour les jeunes ! Ces derniers doivent partir vivre dans les communes périphériques ne pouvant plus ou pas se loger à Saint Jean. Et en parallèle la ville voit nettement augmenter la part des seniors (génération du « baby-boom ») car ils sont souvent les seuls en mesure de se loger en raison d’un marché immobilier tendu.

Le solde naturel (différence décès-naissance) est négatif à Saint Jean depuis des dizaines d’années, à titre d’exemple en 2019 le ratio est de 71 naissances pour 256 décès. Ainsi seule l’arrivée de nouvelle population (solde migratoire) permet de stabiliser la population. Ces nouveaux arrivants sont majoritairement des seniors ainsi la politique municipale doit s’adapter et répondre aux enjeux de ce vieillissement mais aussi redevenir attractive et accessible pour les jeunes adultes pour enrayer la tendance.

4000 logements neufs depuis 1990

Au cours de la période 1990-2016, environ 4 000 logements neufs ont été construits à Saint-Jean-de-Luz. Cette importante promotion immobilière semble profiter à part égale aux logements principaux et résidences secondaires avec 2 000 nouveaux logements pour chacun. 
Cependant le pourcentage de logements principaux a chuté de -2%, passant de 53.6 à 51.7%, et à l’inverse le pourcentage de logements secondaires a augmenté de +2%, passant de 42.8 à 44.9%. Entre 1990 et 2016, l’écart entre le principal et le secondaire s’est réduit passant de 11 à 7%.

saint-jean-de-luz graphique évolution pourcentage de logements
saint-jean-de-luz graphique corrélation entre le nombre d'habitants et le nombre logements

Un problème d'accession aux logements

Durant ces 30 dernières années, l’importante production de logements neufs n’a pas permis d’accueillir qu’un faible nombre de nouveaux habitants.
Un chiffre illustre ce déséquilibre, en 2016 la commune comptait plus de logements que d’habitants soit 14 246 logements pour 14 057 habitants !
Le bilan est qu’en 30 ans, nous avons 4 000 logements neufs produits pour seulement 1 000 nouveaux habitants.
La difficulté à se loger à Donibane n’est donc pas lié à l’absence de logement mais à l’accessibilité aux logements. 

30 ans d'étalement urbain

L’étalement urbain qui est l’augmentation de la superficie de la ville. Cet étalement urbain est directement lié au choix de produire de nouveaux logements pour accueillir des nouvelles populations malgré des logements existants.
Ce phénomène d’étalement urbain est catastrophique d’un point de vue économique, sociale et environnementale. Car cette artificialisation des sols :

    • entraine la disparition d’espaces naturels et agricoles essentiels pour l’avenir (terres agricoles, zones d’expansion des crues…)
    • augmente les déplacements pour les habitants (pollution, éloignements aux services, …),
    • accroit le coût des infrastructures (routes) et des réseaux (assainissement, électriques…) pour la collectivité.

A Saint-Jean-de-Luz en 30 ans c’est 900 000 m² urbanisés soit 100 STADES ou 60% de la baie.

photo aérienne 30 ans d'étalement

Ce bilan succinct de 30 années d’aménagement du territoire et d’urbanisation à Saint-Jean-de-Luz résume la politique de la majorité actuelle qui n’a pas porté pas ses fruits malgré sa présence depuis des années aux manettes de la ville. Elle a laissé et laisse encore l’urbanisation s’étendre aux détriments des espaces naturels et agricoles. Notre analyse et nos propositions sont à lire dans les différents articles sur le Plan Local d’Urbanisme
Herri Berri soutient le principe d’une utilisation économe et innovante des espaces en construisant « la ville dans et sur la ville ». Cela nécessite de repenser la fonctionnalité du territoire et de nos quartiers afin de maintenir un cadre et une qualité de vie que nous chérissons tous.