Le correspondant du quotidien Sud Ouest, Arnaud Desjeans, relate les éléments du débat soulevé par les élus Herri Berri sur le compteur intelligent Linky de Enedis ainsi que la prochaine réunion publique organisée par Bizi.
Certains élus s’inquiètent de l’arrivée du boîtier communicant. Une réunion publique est organisée le mardi 24 octobre.

installation d'un compteur électrique Linky de nouvelle génération par un technicien de Enedis

Pour ou contre le nouveau compteur communicant Linky ? C’est maintenant qu’il faut se forger un avis. Car Enedis, filiale d’EDF, est en train de déployer ses nouveaux boîtiers jaune canari autour de la baie. L’installation de ces nouveaux compteurs électriques intelligents, imposée par l’Europe, suscite un gros débat depuis quelques mois en France.
La vague d’inquiétude a fini par toucher la Côte basque et Saint-Jean-de-Luz. Il y a quelques jours, le groupe d’opposition Herri Berri tenait une conférence de presse pour alerter la population : « L’installation des compteurs Linky a débuté sans véritable information préalable », dénoncent ses membres. C’est le cas dans le quartier Ichaca. Enedis a profité du chantier de rénovation mené par l’Office 64 pour brancher, en toute légalité faut-il le préciser, les nouveaux boîtiers permettant un relevé à distance.

Le déploiement est en cours

En réalité, l’information a été délivrée aux habitants du quartier, mais de façon tronquée, pour ne pas dire déguisée. « Lors d’une réunion de quartier, on nous a dit que nos compteurs allaient être remplacés par des boîtiers connectés. Mais à aucun moment, le nom de “Linky” n’a été cité », témoigne une habitante d’Ichaca.
Ce déficit de communication est pointé du doigt par les élus d’Herri Berri. « Nous n’affirmons pas que ce compteur est nocif pour la santé, nous ne sommes pas compétents pour cela. Mais dans la mesure où il y a des doutes, il faut appliquer le principe de précaution. » Les autres arguments anti-Linky sont connus : gaspillage (les anciens compteurs sont en bon état de marche) et non-respect de la vie privée.

Herri Berri a interpellé le maire de Saint-Jean-de-Luz lors du dernier conseil municipal pour lui demander de se positionner clairement sur le sujet. Et a cité en exemple le maire de Bayonne, qui a rédigé un moratoire sur le sujet. Peyuco Duhart a profité de cette question d’actualité pour confirmer le déploiement de Linky « entre octobre et juin, sur près de 8 200 compteurs ».

L’édile a reçu, ces dernières semaines, trois citoyens qui refusent le remplacement de leur compteur ainsi que le correspondant local d’Enedis et le directeur du Syndicat départemental de l’énergie des Pyrénées-Atlantiques (propriétaires des compteurs). De quoi se faire son opinion : « Il n’est pas possible de délibérer ou d’interdire le déploiement des compteurs. Ceux qui ont essayé ont tous perdu. Sur les questions d’ordre sanitaire, le ministère de l’Environnement a confirmé que le niveau d’ondes généré était conforme à la réglementation en vigueur. »

Réunion publique sur le Compteur Linky : le 24 octobre 2017

Malgré cet avis officiel, le maire rappelle que ce déploiement doit se faire dans le respect de la propriété d’autrui : « Les entreprises ne doivent pas opérer par la ruse ou par la force. J’exige que les personnes ayant manifesté par courrier leur refus de se voir imposer le compteur Linky soient respectées. »

Les citoyens qui refusent d’ouvrir leur porte à Enedis sont dans leur droit. Pour officialiser leur démarche, ils doivent auparavant envoyer un courrier recommandé au siège régional d’Enedis et doubler leur lettre au maire.

Il y a quelques jours, une habitante d’un immeuble du quartier Urdazuri a envoyé ces deux lettres. Elle a même collé le numéro du recommandé sur le compteur. La règle est simple : un particulier ne peut pas intervenir sur le compteur. Mais il peut très bien interdire l’accès à son logement. Les citoyens ont donc leur mot à dire.

« Ce choix pourrait avoir à terme des conséquences économiques telles que des relevés ou des changements de compteurs payants », tempère Peyuco Duhart. Ce dernier a accepté de mettre la Grillerie du port à disposition du Rassemblement anti-Linky (RAL) et du collectif Linky-EZ pour une réunion publique sur le compteur Linky le mardi 24 octobre. Le militant anti-Linky Stéphane Lhomme animera une conférence pour informer la population à partir de 20 heures.
Bous pouvez lire cet article sur le site de Sud-Ouest