Peio Etcheverry-Ainchart et les élus Herri Berri votent pour le projet de réhabilitation du Pôle petite enfance tout en soulignant la stratégie de la majorité municipale qui fait traîner en longueur certains projets.Le projet de réhabilitation du Pôle petite enfance ne nous pose aucun problème, bien au contraire. Mais quelle formulation – au combien significative – que celle « de permettre d’étudier l’opportunité d’accueillir une Maison d’Assistantes Maternelles bascophones  (MAM)». Que de conditionnels dans cette phrase, alors que nous sommes déjà plus de deux ans après le lancement de ce projet par 4 assistantes maternelles locales… Plusieurs MAM ont été créées au Pays Basque dans l’intervalle, cela a pris parfois 6 mois, parfois un an, parfois le lancement de ces projets était concomitant avec le nôtre et sont aujourd’hui dans leur rythme de croisière, dans des communes dotées de moyens financiers et immobiliers bien moins importants que les nôtres. Et, ici on en est encore à « permettre d’étudier l’opportunité ».
crèche bascophone Luma à Ciboure
Certes, penser établir cette petite structure à Ichaca était cohérent, et cela demandait du temps et de l’argent. Nous savons bien que les choses ne se font pas du jour au lendemain. Mais là, il n’y a pas que du délai incompressible ; il y a une part d’inefficacité et une part de mauvaise volonté, toutes deux évidentes et qui nous ramènent à ce conseil municipal de la fin 2012 durant lequel notre adjointe à la petite enfance affirmait avec aplomb qu’il n’y avait pas de demande d’accueil bascophone à Saint-Jean-de-Luz. On le sait, c’est toujours difficile de faire boire un âne qui n’a pas soif.

Oui au projet de réhabilitation du Pôle petite enfance !

Vous pourrez alors nous expliquer tout ce que vous voudrez sur les difficultés du dossier ou le temps qu’il faut pour le porter, vous ne nous empêcherez pas de penser que vous n’avez jamais vraiment voulu de ce projet. Je le dis au passé car il devient de plus en plus hypothétique qu’il puisse aboutir dans de telles conditions. Il avait été lancé par quatre assistantes maternelles, qui avaient chacune à l’époque trois enfants prévus à la garde – je le sais d’autant mieux qu’il y avait le mien parmi eux. C’était donc un véritable projet collectif, de sorte que même une délégation de ces parents avait sollicité une rencontre avec vous lorsque les choses avaient commencé à traîner en longueur. Aujourd’hui, à force d’être baladées d’un côté et de l’autre, un coup en lien avec l’AFS un coup sans, voyant les mois passer sans qu’il leur soit juste proposé une solution temporaire permettant au moins de se lancer, certaines d’entre elles ont dû trouver un autre emploi. Les parents aussi ont disparu, leur enfant ayant désormais l’âge d’être scolarisé. Pour finir, il est même possible que ce soit finalement à Ciboure que le projet migre, rendant au passage encore plus complexe l’affaire de la crèche Luma.Henri Queuille disait : « Il n’est aucun problème assez urgent en politique qu’une absence de décision ne puisse résoudre. » Dire oui puis laisser traîner, laisser s’étioler, faire le pari qu’on oubliera, c’est véritablement l’impression que nous donne cette affaire, et qui vous est coutumière ; il suffit de citer les deux autres exemples les plus récents que sont le projet d’accorderie ou encore l’accueil des migrants.Nous votons oui à cette délibération, mais nous ne sommes pas dupes. Intervention au Conseil Municipal du 10 mars 2017