Lors du dernier conseil municipal de Saint-Jean-de-Luz, le 12 décembre, une délibération concernait les objectifs du plan de rattrapage du retard en logements sociaux et au nom de Herri Berri, Peio Etcheverry-Ainchart intervenait ainsi :

« Pour remplir les objectifs, il faut changer de braquet à plusieurs niveaux, dont voici les principaux (loin d’être les seuls) :

Saint-Jean-de-Luz vue des hauteurs

La stratégie foncière  à l’échelle du territoire

Le premier, dans les logiques de stratégie foncière à l’échelle du territoire. Là où l’on nous parle aujourd’hui de nombre de logements à produire, nous préférons parler schéma d’aménagement et SCOT. Cette manière purement mécanique et autoritaire – et on reconnaît bien là la patte préfectorale – de fixer des objectifs à chaque commune est en elle-même un non-sens urbanistique, en ce qu’elle évite de poser d’abord la question de fond : quel territoire veut-on pour demain, avec des villes, des bourgs et des villages de quelles tailles, avec combien d’habitants, des logements, des activités et des déplacements de quels types ? C’est en fonction de cela seulement que l’on pourra étudier et non subir les stratégies foncières et immobilières à décliner à grande et moyenne échelles, puis localement à Saint-Jean-de-Luz.

Agir sur la politique foncière

Deuxième niveau où le braquet doit être changé, et en admettant que l’objectif final de production de logements soit bien calibré, la politique foncière. Nous vous en avons déjà longuement parlé : même sans vouloir tomber dans le systématisme, trop d’opportunités de préemption nous filent entre les doigts. Doigts qu’on se mordra plus tard lorsqu’on ne saura plus où construire nos logements sociaux.

Les programmes immobiliers

Troisième niveau, celui des programmes immobiliers eux-mêmes. Une logique doit être établie, sans que les exceptions deviennent la règle : à foncier public, 100 % de social ; à foncier privé, 50 % de social (40 % en locatif et 10 % en accession sociale encadrée). Cela fait là aussi un moment qu’on martèle ce principe, espérons que vous en tiendrez compte dans le prochain Plan Local d’Urbanisme (PLU).

Faire un effort budgétaire en matière de logement

Quatrième niveau, celui de l’effort budgétaire à consentir pour tout cela. Produire du logement, surtout dans notre ville, c’est cher. Dans ce domaine aussi, les divergences entre nous quant aux priorités ne sont pas loin de s’effacer. Par ailleurs, alors que vous parlez de volontarisme et pleurez à chaudes larmes sur la baisse future des dotations, nous attendons de voir ce que vous ferez de nouvelles opportunités fiscales telles que la surtaxe sur les 5500 résidences secondaires de la ville. Une manne qui a l’avantage d’être à la fois financièrement importante, moralement fondée et socialement juste.»
Intervention de Peio Etcheverry-Ainchart – Conseil municipal – 12 décembre 2014