Suite à la présentation publique du projet définitif de l’aménagement urbain de l’îlot Foch (6 décembre 2018), en plein cœur de Saint-Jean-de-Luz, le Conseil Municipal s’est réuni 14 décembre dernier et marque la fin de la concertation pour la partie publique du projet Foch. Les élus ont été amené à voter sur la vente de l’espace du parking Jaulerry.

Quel a été le vote des élus Herri Berri ? Quels sont les problèmes soulevés par le projet définitif de la municipalité ?

Sommaire de l’article

Questions sur le financement du projet Foch

L’aménagement urbain de l’ilot Foch à Saint-Jean-de-Luz fait l’objet d’un long processus qui a démarré il y a maintenant plus de 3 ans, processus qui n’est pas encore arrivé à maturation, et pour lequel il nous est demandé aujourd’hui d’approuver les grands principes d’une part, la méthodologie de concertation et l’inscription de crédit budgétaire d’autre part.

La longueur de ce processus est à la hauteur des enjeux induits par ce projet en matière d’urbanisme bien sûr, mais aussi de mobilités, d’habitat, de développement économique, sans oublier bien sûr sa dimension financière.

Ce projet a semble-t-il intéressé les luziens qui ont apporté leur contribution et ont participé aux réunions thématiques. Il nous (groupe Herri Berri) intéresse bien sûr au plus haut point tant il touche aux convictions qui nous réunissent, concernant en particulier la question des mobilités et de l’habitat.

Cet intérêt nous l’avons d’ailleurs manifesté à travers une contribution que nous avons rendue publique il y a quelques semaines.

vue aérienne du futur projet de réhabilitation de la place Foch

Je voudrais évoquer une question qui n’a pas à ma connaissance beaucoup été abordée dans le processus de concertation et apparait de manière incidente dans la délibération avec l’inscription des crédits par anticipation : celle de son financement.

Si j’ai bien suivi, un principe a été retenu ici, celui de la gestion active du patrimoine communal avec la cession du parking Jaulerry. On a cru comprendre un autre principe, celui d’une neutralité pour les finances communales de Saint-Jean-de-Luz, à savoir l’autofinancement intégral de l’investissement sur l’aménagement de l’espace public par le produit de cette cession.

Avec les modifications apportées au projet initial, et donc un projet plus abouti de votre point de vue, êtes-vous en mesure de nous éclairer sur le chiffrage de ce projet ? Et de manière induite pouvez vous nous dire si la cession du parking Jaulerry suffira-t-elle à couvrir l’intégralité de cet investissement ?

 

Projet Foch : les enjeux de l’urbanisme

À l’origine, parmi tous les invariants qui avaient été présentés, nous nous étions dès le début opposés à la construction d’un bâtiment dit « à vocation économique » sur la place Foch. Maintenant que nous touchons au terme de l’élaboration du projet, celui-ci a définitivement disparu et nous ne pouvons donc que nous en féliciter. Le bâtiment principal, lui, ne nous posait pas de problème de principe ; au contraire, nous étions et sommes toujours en faveur d’une optimisation raisonnée de l’entrée du centre ancien, ce qui nous rend d’accord avec l’alignement des façades et l’élévation en R+3 du nouveau bâtiment.

Sur le style architectural, le choix revendiqué d’un rappel du style Art-déco peut se justifier au regard du passé architectural de la ville. Pour le reste, on peut être dubitatif sur le rendu qui peut paraître massif et épuré, pour certains carrément médiocre, mais c’est là une affaire purement esthétique et donc par définition subjective, nous n’avons pas de position de groupe à ce sujet.

Des doutes sur le volet logement du projet

C’est dans le contenu du bâtiment, son volet logement, que nous alimentons le plus de doutes. Nous rappelons encore une fois qu’il aurait été de bonne politique d’attendre la promulgation du nouveau Plan Local d’Urbanisme (PLU) pour y prévoir les nouveaux équilibres entre logement libre et social. Le ratio paraît néanmoins très correct en termes de nombre de logements – une vingtaine en locatif social soit 50 %. Mais à cette heure, nous n’avons toujours aucune précision quant aux équilibres en surfaces et typologies des logements. Le ratio 50 % / 50 % s’y reproduira-t-il ou les promoteurs cèderont-ils à la tentation de l’entourloupe commode consistant à réserver les grands logements à l’accession libre et les petits au social ?
Idem pour l’hôtel intergénérationnel type « Mama Shelter », qui nous pose également question. Pourquoi pas en principe un hôtel de ce type, ce n’est pas incongru à cet endroit de la ville ; mais nous serons vigilants au rapport entre chambres de standing et chambres et dortoirs à prix modérés, car il est hors de question pour nous que cet hôtel se révèle un alibi à la réduction du nombre de logements à cet endroit.
Dernière question : que devient l’espace de convivialité ou la buvette, dont nous avions réclamé qu’il soit désormais ouvert à l’année – ce qui nous avait été assuré – mais au sujet duquel circulent aujourd’hui rumeurs et spéculations ? Ce n’est pas pour nous le point majeur de ce dossier mais cela s’ajoute maintenant aux questions en suspens.
Vous le constatez, à moins d’avoir des assurances solides sur tous ces points, les inconnues quant à ce seul volet logement nous paraissent déjà lourdes. Mais ce n’est pas tout en matière de constructions.

L'immeuble de la rue Moco est vide depuis des années
immeuble à vendre rue Moco à Saint Jean de luz

Agrandir la médiathèque

Nous pouvons le rappeler encore une fois, le projet présent est issu d’un « effet d’aubaine » lié au rachat de l’ancien garage par des promoteurs et, s’étendant quasiment de la gare au port et prenant toute la place Foch, il dessine une unité urbaine homogène qui constitue en fait la nouvelle entrée du centre historique. Or il y a deux mois, notre groupe a évoqué une autre opportunité tout à fait récente, sur le bâtiment de la rue Moco ; celui-ci, vide depuis des années et objet de nombreuses actions symboliques de notre groupe, est promis à la vente.
Nous avons appris que les propriétaires vous avaient rencontré, Monsieur le maire, mais qu’apparemment rien n’en était sorti. En ce qui nous concerne, nous avons proposé de mettre cette opportunité en parallèle avec la situation actuelle de la médiathèque, élément structurant de l’îlot Foch et qui devrait désormais être pleinement intégré au projet d’aménagement. Il s’agirait de racheter l’immeuble et de fermer en impasse ce côté de la rue Moco, afin d’agrandir la médiathèque de Saint-Jean-de-luz en continuité de façade sur la rue Tourasse.
Permettez-nous d’insister sur le fait que ce ne serait vraiment pas du luxe, pour une infrastructure culturelle qui offre un service de grande qualité mais qui souffre incontestablement de son exigüité : dans quelle autre médiathèque d’une ville de notre gabarit est-il donc quasiment impossible de disposer d’une table pour travailler, consulter un livre sur place autrement que debout, organiser des animations sans devoir s’asseoir par terre ou entre les rayonnages ? Et que dire des réserves, éloignées de plus d’un kilomètre, aux ateliers techniques…

Financement de l’agrandissement : des solutions existent

Certes, entre préemption et travaux les coûts d’un tel aménagement seraient élevés, mais ils peuvent bénéficier d’une intégration dans le plan de financement du projet Foch global. Ayant pour notre part déjà consulté l’Établissement Public Foncier Local (EPFL) sur ce point, il nous a confirmé pouvoir déployer sa compétence d’ingénierie sur un tel projet, et évoque même la possibilité d’un portage sur 30 ans et d’un montage sous forme dit « de bail à construction à l’envers ».
Quand on se lance dans un projet d’aménagement aussi ambitieux que la requalification d’une telle zone, il faut savoir s’adapter aux nouvelles opportunités qui peuvent surgir entre-temps. Celle-ci en est incontestablement une, qui a le triple avantage d’être cohérent avec les logiques d’aménagement de l’îlot dont la médiathèque est incontestablement un pôle majeur, d’optimiser une dent creuse du centre-ville, et d’apporter une réponse aux déficiences déjà anciennes de cette infrastructure de service public.
Vous le voyez, entre inconnues sur le volet logement de votre projet et absence de réponse sur une notre proposition concernant la médiathèque, tout cela nous interdit déjà d’approuver les principes d’aménagement, comme vous nous le demandez.

sécuriser le chemin vers la gare pour les piétons

Projet Foch : la question des mobilités douces

A l’issue des deux interventions d’Alain Duclerq (financement) et de Peio Etcheverry-Ainchart (urbanisme), il me revient (Pascal Lafitte) la charge de traiter des mobilités induites par la requalification de l’ilot Foch. Puis, en conclusion, je vous donnerai la nature du vote du groupe Herri Berri sur cette délibération. Au moins 3 points, listés par ordre d’actualité, nous posent problème : les mobilités douces.

  1. Les mobilités douces et décarbonnées :
    • Malgré une amélioration par rapport à la première mouture, le trajet de la piste cyclable n’est pas assez sécurisé celui-ci étant en effet sécant, à notre avis inutilement, avec l’avenue Larramendy. Rappelons que, dans notre projet, ceux-ci arrivaient directement sur le pont en longeant, à partir de la Grillerie , la bordure du port sans jamais être au contact de la circulation automobile.
    • Les arrêts des navettes que nous souhaiterions électriques ne sont pas clairement positionnés et dimensionnés sur le projet. Clairement, plus de navettes à partir des parkings de rabattement en périphérie, c’est moins de voitures en centre-ville ! Et donc la présence d’un méga parking souterrain caduque !
  2. L’accès à la gare :
    • De la mise en sécurité des piétons lors de cette traversée, donc aérienne et non souterraine.
    • De la fluidité du trafic sur le rond-point de la gare due aux traversées piétonnes.
  3. Le parking souterrain :
    • Quel sera l’impact sur la santé des riverains d’une telle pollution atmosphérique engendrée par les gaz toxiques des moteurs diesel et essence ?
    • A termes, que deviendra l’attractivité de Saint-Jean-de-Luz si une telle situation de saturation automobile est appelée à perdurer ?

Projet Foch : quel est le vote des élus Herri Berri ?

En conséquence, pour la délibération de ce soir qui regroupe d’une manière assez surprenante trois propositions complètement différentes, Herri Berri se positionnera par trois votes aussi différents que ne le sont les trois propositions :

  • D’approuver les principes d’aménagement urbain de l’ilot Foch : « Non »
  • De poursuivre cette concertation pendant toute la durée d’élaboration . . . « Oui »
  • D’autoriser l’inscription des crédits par anticipation à l’opération 006 . . . « Blanc »
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