En matière de développement économique on peut parfois légitimement se poser la question du rôle que peut jouer une municipalité. Elle n’a en effet pas la possibilité de subventionner directement des activités et, en matière d’aménagement, la création de zones d’activités échappe à sa compétence puisqu’elle est désormais dévolue à la communauté d’agglomération. Doit-on pour autant considérer que son rôle est secondaire ? Telle est la posture de la municipalité actuelle en la matière. En dehors de l’agrandissement de Jalday, qu’a-t-elle réellement entrepris concrètement sur les 3 dernières mandatures ? Si l’on doit résumer, et sans caricaturer, son rôle a consisté à servir de bras armé à l’Office de Tourisme en le dotant chaque année d’une subvention de fonctionnement conséquente de près de 600 000 euros pour financer une politique largement basée sur l’animation touristique estivale.
programme pour l'économie
Chaque année, à l’occasion de la présentation des comptes de l’Office de Tourisme, nous avons eu droit à la litanie des millions injectés dans l’économie locale, des milliers de nuitées générées, des centaines d’emplois créés mais sans aucune allusion aux effets pervers générés par une mono industrie saisonnière (tensions sur le foncier et l’immobilier, surcoût des infrastructures, précarité des emplois, baisse de la qualité de vie liée aux problèmes de circulation et de stationnement). Plus préoccupant encore, d’autres secteurs autrefois florissants sont en train de souffrir. Si les difficultés de la pêche sont liées à des facteurs qui échappent largement à l’action municipale, Les problèmes du commerce luzien, eux, relèvent pleinement du champ d’intervention de la ville. Or force est de constater à ce niveau l’immobilisme le plus total. De manière générale, Herri Berri est convaincu de l’urgence d’initier une réflexion sur le devenir de notre territoire, de poser un diagnostic sur ses atouts et faiblesses, d’en déduire un cadre à l’intérieur duquel pourra se construire une véritable stratégie sur le long terme. Cette réflexion sera globale, en incluant les dimensions d’urbanisme et d’animation.

Relancer la dynamique commerciale

Alors qu’il dispose d’atouts non négligeables liés en particulier à l’attractivité de la ville, le commerce luzien souffre. Comme bien d’autres il est confronté à l’évolution des comportements de consommation et à l’apparition de nouvelles formes de concurrence. Mais la situation de Saint-Jean-de-Luz est aggravée par deux autres problématiques qui lui sont spécifiques : la prédominance des baux précaires et l’incapacité des commerces existants à se fédérer. Le bail précaire est en théorie une solution avantageuse pour les entrepreneurs qui lancent leur entreprise sans savoir si celle-ci durera réellement. Mais à Saint-Jean c’est devenu une norme qui s’impose à tout commerçant voulant s’installer. L’absence de dynamique collective peut s’expliquer en partie par la problématique précédente : il est difficile pour le titulaire d’un bail précaire d’inscrire son action dans la durée et donc de s’intéresser à la réflexion sur les actions permettant de développer et pérenniser un commerce sur le long terme. Faut-il y voir un phénomène inéluctable, une fatalité contre laquelle on ne peut rien ? Pour la municipalité actuelle, la réponse est clairement oui. En dehors d’un plan FISAC qui a permis la réhabilitation (réussie) du secteur des Halles, aucune réflexion sérieuse et encore moins de plan d’action sur l’avenir de commerce tant en centre ville que dans les quartiers périphériques n’a été réellement initiée. La création récente d’un Office de Commerce en est le reflet le plus symptomatique. Alors que la situation aurait exigé la création d’une structure spécifique, dotée d’un budget propre et de moyens de fonctionnement spécifiques, la ville s’est contentée d’un simple changement d’appellation de l’Office de Tourisme en « Office de Tourisme de Commerce et de l’Artisanat » et d’une modification cosmétique des statuts ; montrant par là même qu’à ses yeux, le commerce et le tourisme relevaient d’une seule et même logique de développement.

Herri Berri propose

✓ la création d’un Office de Commerce à part entière doté d’un budget propre avec à sa tête un technicien expérimenté bien au fait des problématiques du commerce de centre ville, en charge de définir une véritable stratégie de développement en concertation avec l’ensemble des acteurs du commerce luzien. L’Office de Commerce agira en complémentarité de l’Office de Tourisme. Son domaine d’intervention dans le cadre de l’animation commerciale sera clairement défini.✓ d’initier sous l’autorité de l’Office de Commerce, des états généraux sur la problématique des baux précaires pour essayer d’adapter sa pratique au mieux des intérêts communs des différentes parties prenantes. Le but étant ici de faire comprendre en particulier que pratiquer des loyers raisonnables permet de fixer des commerces de qualité sur la durée, d’entretenir une dynamique commerciale positive et par là même de maintenir la valeur locative.

Diversifier l’offre commerciale

Une des problématiques des zones commerciales, notamment en centre ville est la présence importante des services (banques, assurances, agences immobilières…), qui sont capables de payer plus cher que les autres commerces pour s’implanter sur les axes commerciaux stratégiques. Notre ville n’échappe pas à cette tendance. Les moyens d’actions pour peser sur la destination des commerces existent. Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) peut interdire, dès lors que cette interdiction n’est ni générale ni absolue et qu’elle est destinée à assurer l’objectif de protection des commerces traditionnels dans le centre-ville, les services et bureaux au titre des constructions nouvelles et des changements d’affectation, dans un secteur géographique limité et bien circonscrit.

Herri Berri propose

✓ utiliser tous les moyens d’actions légaux dans le cadre de la définition du PLU pour préserver la diversité de l’offre commerciale et répondre à l’intérêt général dans tous les secteurs concernés par de nouvelles opérations d’urbanisme ou de changement d’affectation.

Encourager l’économie de proximité

Herri Berri met la proximité au centre de ses préoccupations. Une réflexion sur l’économie de proximité s’impose dans notre ville pour plusieurs raisons. Tout d’abord en raison de ses enjeux : l’économie de proximité répond aux exigences du développement durable en permettant de diminuer l’empreinte écologique des biens de consommation, elle restaure la relation de confiance et le lien social, elle contribue à la vitalisation du territoire par les acteurs qui l’habitent et pour eux . Ensuite parce qu’elle n’a jamais été abordée directement dans la politique municipale d’urbanisation et d’aménagement. Des zones d’urbanisation récente à forte densité de population, situées à distance respectable de l’hypercentre, sont aujourd’hui dépourvues du moindre commerce de proximité !Eusko monnaie locale du Pays Basque

Herri Berri propose

✓ de développer l’économie « présentielle » (celle des métiers qui se développent grâce à des populations consommatrices) : – intégrer dans le PLU tout dispositif permettant d’encourager l’installation de commerces de proximité dans les quartiers périphériques – promouvoir l’utilisation de l’Eusko (monnaie locale) par des actions d’information et de sensibilisation en direction de tous les publics concernés (commerçants pour les inciter à adhérer et à accepter le paiement en monnaie locale, consommateurs pour les inciter à changer des Euro en Eusko, scolaires pour ancrer cette philosophie du développement local) ; – Promouvoir les circuits courts de distribution et en particulier les AMAP, en contribuant à la préservation du foncier agricole (à l’échelle communautaire) et en facilitant les échanges de produits.

Veiller au développement harmonieux des zones d’activité

Désormais gérées dans le cadre de l’intercommunalité, les zones d’activités de Jalday et de Layats accueillent plus de 220 entreprises qui génèrent 1300 emplois. Gérer leur développement consiste principalement à faciliter les conditions d’installation de nouvelles activités sur les terrains disponibles mais aussi faire en sorte que leur vocation première (industrie, artisanat et commerce de gros pour Jalday ; service, industrie et construction pour Layats) soit clairement réaffirmée. De manière générale, pour préserver les équilibres entre le centre ville et la périphérie, il est important de ne pas trop favoriser l’installation de commerces de détail dans ces zones, sauf s’ils viennent proposer une offre nouvelle ou peu répandue.

Herri Berri propose

✓ dans le cadre de la révision générale du PLU, établir un règlement qui réaffirme la dimension artisanale et industrielle des zones d’activités luziennes et faire en sorte que leur développement se fasse en cohérence avec les activités commerciales du centre ville et des quartiers.port de Saint-Jean-de-Luz

Valoriser les ressources issues de la mer

Si les activités traditionnelles liées à la pêche perdurent mais en traversant des moments difficiles, il est important de noter que la mer, indissociable de l’histoire de notre ville, peut générer de nouvelles ressources non encore exploitées localement. La réflexion sur la création d’un pôle de recherche/développement dédié à l’exploitation responsable des ressources marines et en particulier des énergies marines renouvelables (énergie hydrolienne marine issue des courants marins, énergie houlomotrice issue de l’énergie des vagues) pourrait être initiée au sein de l’intercommunalité. Les outils financiers et d’accompagnement existent, la volonté politique fera le reste.

Herri Berri propose

✓ impulser, dans le cadre de l’intercommunalité et en liaison avec les partenaires financiers publics et privés, tout projet innovant permettant d’exploiter de manière responsable les ressources issues de la mer (énergie marine renouvelable, ferme marine…).Téléchargez le programme complet de la liste Herri Berri aux élections municipales à Saint-Jean-de-Luz dans le domaine de l’ économie