La mobilité urbaine : un enjeu d’avenir pour les luziens

La mobilité dans nos villes est un enjeu d’avenir dont ne percevons que difficilement les atours si nous raisonnons avec les outils du siècle achevé. Nous vivons une révolution de nos espaces et de notre temps. Nous devons y réfléchir ensemble de façon totalement innovante.

engorgement des routes embouteillées à saint-jean-de-luz

Un accès au centre-ville médiocre

Saint-Jean-de-Luz se drape, comme chaque année à pareille époque, de ses voiles réparateurs, masquant les multiples chantiers de rénovation et de ravalement. Que recouvre cet acharnement à embellir chaque demeure et par là même notre Cité ? Miroir d’une dignité d’un pays debout et fort de son identité ? Rituel d’une communauté investie dans un « Vivre ensemble » si tangible aux visiteurs ? Conscience aigüe d’un patrimoine, trait d’union avec nos racines et avec ceux qui nous ont précédés autant qu’avec ceux qui nous succèderont ? Il est sans doute un savant mélange de ces déclinaisons. Mais un fait est que nous prenons soin de notre petit paradis.
Alors pourquoi diantre offrir de si médiocres conditions d’accès à notre Cité ? Imaginerait-on faire entrer nos convives par un soupirail ? Penserions-nous les laisser à la porte de chez nous durant des heures ? Serions-nous capables de n’offrir qu’une chaise à une famille de quatre personnes ? Difficile à imaginer n’est-ce pas ! Et pourtant n’est-ce pas de cette indigne façon que nous accueillons ceux qui nous visitent ?
Parce que la qualité de notre accueil réside aussi dans les modes de déplacements, parce que la vie locale doit se mouvoir en priorité, parce que nous savons que la qualité de notre environnement, sonorité, mobilité, sécurité, santé sont des atouts majeurs à une vie sereine telle que nous la revendiquons à Saint-Jean-de-Luz, parce que tout cela, nous nous devons d’abandonner les bons sentiments de père de famille pour aborder avec audace une politique radicale de mobilité.

Un centre-ville sans voitures

De nombreuses expérimentations sont tentées voire entérinées depuis des décennies tant en France que dans le monde. Saint-Malo, Concarneau, La Rochelle et tant d’autres en sont des exemples. Dans ces cités de corsaires, de pêcheurs, de tourisme, des choix courageux ont été faits, interdisant sans tolérance l’intrusion des véhicules dans la ville, ouvrant des parcs de stationnement extérieurs, parfois même (raisonnablement) payants, transportant les visiteurs avec une flotte conséquente de navettes, imposant un péage, accordant un droit de passage aux résidents, livreurs, professionnels locaux. Bref, si les récriminations et les craintes n’ont pas manqué, ces décisions ont été courageusement appliquées pour un résultat étonnant. Efficacité, attractivité, qualité accrue des sites. Ceux qui ont osé ont réussi.

logo eusko tren

Des solution existent

Certes, il n’existe pas de situation parfaite, transposable telle quelle. Mais l’inspiration, l’étude des contraintes et des spécifications locales avec l’ensemble des acteurs luziens, ouvriraient des perspectives de qualité de vie, grandement dégradée en périodes touristiques, qui ne peuvent que redorer l’image de Saint Jean. Comment ne pas travailler avec le chemin de fer, la Communauté d’Agglomération et la Région sur une extension de l’euskotren ? Comment ne pas avoir négocié cette arlésienne et légitime gratuité de l’A63 entre Saint-Jean-de-Luz Nord et Sud lors des nouvelles emprises pour l’élargissement à 2×3 voies ? La liste des pistes de travail est conséquente.

Un retour sur investissement assuré

Et que l‘on ne nous affuble pas de ce récurrent et éculé quolibet de « dogmatisme » voire de « soviétisme » qui en dit long sur l’usure de nos contradicteurs. Nous savons le réalisme budgétaire de telles mesures. Si des investissements sont à envisager, le retour sur investissement est assuré tant par le fonctionnement de cette structure que par l’appel à des impôts supplémentaires, demandés depuis longtemps par Herri Berri, sur les résidences secondaires (60% des logements du Centre Ville) et sur le Casino, pour retrouver les 1.300.000 € de droits de places de notre bon père de famille, véritable racket pénalisant la mobilité des luziens qui subissent déjà l’inflation foncière les obligeant à s’éloigner, parfois à s’expatrier. Corollaire de la politique foncière et du logement, outil d’attractivité de l’économie luzienne, la mobilité est un des dossiers prioritaires pour Herri Berri.