Préemption des terres agricoles
de Sopitenia à Saint-Jean-de-Luz

L’entreprise Boardriders prévoit, avec l’appui de la Mairie de Saint Jean de Luz, de créer à 1.5km de l’océan, un #surfpark (complexe autour d’une piscine à vagues artificielles).

Le groupe municipal luzien Herri Berri a eu la surprise d’apprendre la préemption par la Safer, pour le compte de l’association paysanne Lurzaindia, de près de 5 hectares de terres agricoles sur le domaine de Sopitenia, jouxtant la Vieille Route de Saint-Pée. Montant de la préemption, 30 000€.
Une surprise au goût aigre doux. En effet, d’un côté Herri Berri se réjouit de voir ces terres, situées dans un emplacement idéal mais dont l’avenir dans des mains privées s’annonçait plus qu’incertain en ces temps de spéculation foncière effrénée, finalement rachetées sur initiative associative et promises à un jeune exploitant agricole. Mais d’un autre côté, Herri Berri se désole de constater que la Ville ne se soit pas elle-même portée acquéreur de ces terrains, dans une dynamique vertueuse de récupération de la maîtrise publique du foncier agricole et de relance d’une agriculture périurbaine. Elle était en mesure de saisir la Safer mais elle ne l’a encore une fois pas fait, alors qu’elle convoitait ces mêmes terrains il y a quelques années à peine en vue d’extensions urbaines (retoquées à l’époque par l’État).
Pire, la concomitance entre d’un côté ce renoncement à Sopitenia et de l’autre les controverses autour de l’abandon de terres agricoles et naturelles au profit d’un surfpark à Jalday, élève au statut de caricatures les défaillances de la politique foncière de Saint-Jean-de-Luz à l’heure de l’urgence environnementale. La Ville se rengorge du classement agricole de nouveaux terrains dans le Plan Local d’Urbanisme (PLU) mais agit concrètement en sens inverse. Herri Berri applaudit donc des deux mains l’initiative de Lurzaindia et demande l’élaboration dès cet automne d’une politique agricole urbaine à Saint-Jean-de-Luz, associant tous les partenaires de ce domaine ainsi que les Luziens, dont le premier volet sera évidemment celui de la maîtrise foncière (sanctuarisation des terres agricoles publiques et politique de préemption sur le foncier agricole privé) et l’abandon pur et simple du projet de surfpark. En ce domaine comme en d’autres, les contradictions ou autres effets d’annonce doivent cesser.