Personne n’est officiellement candidat pour les prochaines élections… Ah bon ? Pourtant l’heure était aux premières flèches de campagne vendredi au conseil municipal.
Une semaine après les révélations du « Parisien » sur la nouvelle affaire visant la famille Marie et quelques jours après celles de « Sud Ouest » sur la désignation de Peyuco Duhart comme tête de liste à droite pour les prochaines municipales, on attendait de voir comment allait se comporter le duo « Peyuco-MAM » lors du conseil municipal de vendredi soir.
Mais après avoir passé 10 jours dans la cité des Corsaires au début du mois, la première adjointe, occupée à Paris, avait finalement décidé de ne pas participer à cette séance de rentrée. Cela n’a pas empêché les acteurs municipaux de faire allusion à « l’affaire » ainsi qu’aux prochaines élections.
Le groupe d’opposition abertzale a profité de la première occasion pour faire d’une pierre deux coups : « Herri Berri assumera son rôle de contrôle et d’alerte », a diplomatiquement introduit Pascal Lafitte avant de sortir l’artillerie lourde : « Une position d’autant plus légitime que des informations nous parviennent sur des mouvements d’argent public obscurs justifiant l’ouverture d’une enquête. Nous espérons que rapidement seront tirées au clair ces turpitudes afin que le débat électoral soit mené sur des bases saines. »

Skatepark à Saint-Jean-de-Luz

Le maire aime le skate

Un réquisitoire qui a gommé, l’espace d’un instant, le sourire du maire. « Vous mélangez tout ! » a-t-il rétorqué en sortant son bouclier : un communiqué rédigé en amont, le même que celui envoyé à la presse en début de semaine dernière. « Cette affaire ne concerne ni la mairie, ni l’office de tourisme », a-t-il répété en conclusion. En évitant de réagir à chaud face à cette attaque en règle, Peyuco Duhart joue une nouvelle fois sa carte favorite. Celle de la prudence. La tactique est claire : éviter que les Luziens fassent un amalgame entre le dossier qui vise le clan MAM d’un côté et la mairie de l’autre. Ceux qui attendaient un soutien officiel du maire pour la première adjointe devront repasser.
Quelques minutes avant de jeter un pavé dans la mare, les groupes d’opposition avaient chargé leur barillet avec un dossier qui leur tient à cœur : le skate park de Quiksilver à Jalday dont la construction avait été cofinancée par la mairie grâce à une subvention de 140 000 euros.

Si ce dossier est revenu sur le tapis, c’est parce que les élus ont voté vendredi l’implantation d’un skate park communal d’initiation pour les 8–12 ans, sur le parking Marañon (derrière la gare), à la place d’un ancien terrain de pétanque. Ce nouvel équipement, dont le coût devrait osciller autour des 80 000 euros, va remplacer le vieil équipement qui tombe en lambeaux devant la cité scolaire Ravel. Des places de parking seront créées à la place.
Pour la socialiste Georgette Jariod, cet investissement « n’est qu’une façon de réparer une erreur, la municipalité est aujourd’hui un pigeon doublé d’un dindon ». Pour le groupe des élus de gauche, c’est la subvention versée à Quiksilver (via une association) il y a quelques mois qui est de trop : « Vous avez dilapidé 140 000 euros. » Le maire a rapidement esquivé cette attaque : « Mauvaise foi. Le skate park de Jalday n’aurait jamais vu le jour sans la mairie. Aujourd’hui, force est de constater au regard de la fréquentation que c’est que c’est un véritable succès. Et le skate park de Marañon sera destiné aux plus jeunes. C’est tout à fait complémentaire. » Et l’abertzale Pascal Lafitte d’ironiser : « Il y avait d’autres investissements prioritaires. Nous ignorions que vous aimiez tant le skate Monsieur le maire. »