Lors du conseil municipal du 27 septembre dernier fut durement débattu le projet d’ouverture d’un centre d’accueil petite enfance dans le futur Pôle d’Ichaca. Un nouveau sacrifice de la langue basque (euskara) aux yeux du groupe Herri Berri, présenté ainsi par Peio Etcheverry-Ainchart.

Voilà qu’enfin aboutit le projet de réhabilitation et d’extension du pôle petite enfance, qui a pris tant de temps. Un joli projet à plusieurs égards, mais qui représente pour nous un gâchis au plan de l’offre de garde en langue basque . Il est bon de rappeler l’histoire de cette affaire, qui a connu plus de méandres que la Nivelle elle-même.

Un besoin d’accueil en crèche collective en basque

Il a quelques années encore, existait une crèche immersive bascophone à Ciboure, baptisée Luma, qui accueillait un grand nombre d’enfants luziens faute d’accueil de ce type à Saint-Jean-de-Luz. De manière générale d’ailleurs, l’accueil en crèche collective était défaillant dans notre ville, les places à Sagardian étant insuffisantes. Une extension de l’offre était nécessaire. Or, en marge de problèmes étant survenus au sein de la crèche bascophone de Ciboure, un groupe constitué de quatre assistantes maternelles et d’une dizaine de parents d’enfants avait proposé un projet de Maison d’Assistantes Maternelles (MAM) à Saint-Jean-de-Luz. Mais comme bien souvent lorsqu’un projet ne plaît pas à cette municipalité, on a fait mine de l’étudier plus ou moins sérieusement pour finalement perdre tellement de temps que les porteurs de projets abandonnent ou vont voir ailleurs.

crèche bascophone Saint-Jean-de-Luz
des besoins insatisfaits pour l’accueil des enfants de moins de 3 ans en basque à Saint-Jean-de-Luz

Un besoin nié par la majorité municipale

Officiellement, la piste d’une structure de garde bascophone n’était pourtant pas abandonnée à Saint-Jean-de-Luz. Confirmation lors du conseil municipal du 10 mars 2017, Patricia Arribas-Olano annonçait que « l’opportunité d’accueillir une Maison d’Assistantes Maternelles bascophone serait étudiée ». Las, aujourd’hui le pôle s’apprête à ouvrir sur un mode officiellement bilingue mais qu’en sera-t-il en réalité, Prétexte classique, il n’y a pas de demande pour une garde immersive en langue basque. Je dis classique car nous entendions déjà cela en conseil municipal en décembre 2012 ; bizarrement, à l’époque du projet de Maison d’Assistantes Maternelles en 2015 il semblait que la demande soit miraculeusement apparue puisque nous avions même voté une rallonge de subvention à la crèche Luma ; mais cela devait sûrement être une génération spontanée puisque nous avons recommencé à entendre ça en mars 2017, puis de nouveau aujourd’hui.

Plus de 50 enfants de 3 ans scolarisés en Petite Section de Maternelle

Peut-on rappeler que durant cette rentrée, si l’on ne compte que les enfants âgés de 3 ans et donc scolarisés en seule Petite section de maternelle, toutes filières immersive et bilingues confondues, nous avons plus de cinquante enfants ? Qui peut croire sérieusement que leurs parents, ayant choisi une filière d’enseignement a minima bilingue et d’ailleurs immersive en Petite section, n’étaient pas intéressés l’année précédente par une offre de garde bascophone ? Qui peut douter qu’une politique de l’offre en aurait peut-être même convaincu davantage ? Comment peut-on continuer à user jusqu’à la corde l’argument de l’absence de demande pour justifier en réalité l’absence de volonté ?

 

Euskara : le laissé-pour-compte de la politique luzienne

Nous sommes dans une ville où lorsqu’on achète un ticket de spectacle à l’Office de tourisme, il vaut mieux savoir l’anglais ou l’espagnol plutôt que l’euskara ; où lorsqu’un panneau est bilingue il est mal traduit ; où lorsqu’on ouvre une nouvelle crèche, elle n’est que francophone alors même qu’il en existe déjà de ce type dans la ville, publique comme privée. Et encore, heureusement que notre élue déléguée à la langue basque veille au grain.

Rassurons-nous, le nom de la crèche elle-même sera basque, il ne faut pas sacrifier l’affichage et puis ça fait si délicieusement couleur locale…