Herri Berri déplore la place (très) limitée de l’euskara (la langue basque) à l’office de tourisme de Saint-jean-de-Luz.
Nous vous l’avons déjà dit plusieurs fois, l’accès de notre ville à l’excellence dans tous les domaines, y compris dans celui du tourisme, ne peut que nous satisfaire. Le seul hic, évidemment, c’est que la recherche de l’excellence dans ce domaine-ci vampirise à lui seul l’effort qui nous paraîtrait pourtant prioritaire dans celui des conditions de vie des luziens.

office du tourisme de saint-Jean-de-Luz

Pour en revenir à ce cher – si cher – office de tourisme (OT), le fait qu’il passe en première catégorie ne nous dérange pas, bien au contraire, à partir du moment où il apporte une réelle valeur ajoutée et n’entraîne pas d’effets négatifs. Le passage en première catégorie posera en particulier la question de l’hébergement dans la ville, plus spécifiquement celui en camping sur lequel je ne reviens pas puisque nous en avons parlé tout à l’heure. Il posera aussi celle de la saisonnalité. Car à vouloir légitimement améliorer la gestion du tourisme estival, qui est évidemment prioritaire, on favorise la tendance à laisser en friche tout le reste de l’année. Or, si l’on y ajoute les effets de ce déséquilibre sur la nature du commerce en centre-ville, sur le manque de logements à l’année, sur le vieillissement de la population, ou encore sur l’absence d’animation dans les rues et les quartiers hors saison, on obtient la réalité actuelle de Saint-Jean-de-Luz : une ville qui vit de mai à octobre et qui hiberne en automne et hiver.

A l’office de tourisme, on préfère exhiber des bérets ou des piments

Mais pour ne pas trop allonger cette intervention, parmi les valeurs ajoutées que l’accès à la première catégorie devrait générer, je finirai sur un seul critère, qui pour vous sera totalement anecdotique mais est pour nous symptomatique de votre vision de la ville : c’est le critère linguistique, car il est prévu que le personnel de l’OT soit au moins trilingue. Il est stipulé en page 13 de l’annexe qu’à l’OT de Saint-Jean c’est le cas de tous les employés et qu’un conseiller en séjour parle aussi le basque. Cela nous paraît au minimum suspect au regard de la réalité constatée au quotidien par plusieurs visiteurs bascophones et de toute manière parfaitement dérisoire pour un équipement de ce calibre.

logo apprentissage langue basque

Sachez donc que nous déplorerons toujours le fait que n’importe quel visiteur anglophone ou hispanophone puisse trouver un interlocuteur capable de lui répondre dans cet office, mais pas un visiteur bascophone. Convenez que c’est paradoxal : imaginez-vous un office de tourisme en Allemagne où personne ne parle allemand ? C’est pourtant l’exploit qu’on accomplit à Donibane Lohitzun… pardon, à Saint-Jean-de-Luz. Et je ne parle pas du site internet de l’office, qui à l’image du reste de la communication de cet office brille toujours, malgré nos remarques chaque année réitérées, par l’absence d’un traître mot en basque. Cela confirme que de ce pays on préfèrera invariablement montrer des bérets, piments et autres danseurs folkloriques que ce qui le constitue véritablement.
Si une démarche de qualité est prévue dans le passage à la première catégorie de l’office, elle ne sera certainement pas obtenue de sitôt dans le domaine du respect du territoire, de ses habitants et de ses visiteurs.

De ce fait, nous maintenons notre abstention du mois de juillet dernier.

  • Intervention de Peio Etcheverry-Ainchart au Conseil Municipal du 29 novembre 2013: