Mise à jour de l’article du 21 juin dernier : les élus de l’agglomération sud Pays Basque n’ont pas saisi l’opportunité du financement exceptionnel. Pour connaître les détails cliquez ici pour lire la suite.

 

Le groupe d’opposition Herri Berri réclame la création, sans plus attendre, du demi-échangeur à Chantaco. Mais pas seulement.

Militants Herri Berri posent une banderole pour un échangeur autoroutier à Chantaco
Militants Herri Berri posent une banderole pour un échangeur autoroutier à Chantaco

Une rocade urbaine gratuite pour Saint-Jean-de-Luz

Il y avait de l’écho, samedi matin, sous le pont qui permet à l’A63 d’enjamber la Nivelle et la D 918, dans le quartier luzien de Chantaco. Pascal Lafitte, conseiller municipal d’opposition abertzale, y posait sous une banderole pour réclamer, « sans plus attendre », la construction d’un demi-échangeur autoroutier. Un sujet récurrent, remis sur la table par Herri Berri aussi souvent que possible, et relancé le 15 juin avec une pétition mise en ligne sur Internet sur le site change.org.

L’objectif du jour, alors que les résultats d’une étude de faisabilité confiée au Syndicat des mobilités devraient être révélés dans quelques jours, était de « remettre la pression sur les politiques et les techniciens de l’agglomération », assume Pascal Lafitte. L’opération médiatique ne se limitait néanmoins pas au demi-échangeur en question.

Pétition pour l’échangeur à Chantaco : 800 signatures en ligne

Dans le prolongement de cette « idée qui figurait déjà en 1995 dans le programme de l’ancien maire, Paul Badiola, et qui fait l’unanimité depuis fin 2016, sans toutefois avancer », le chef de file abertzale luzien évoque cette fois « un aménagement d’ensemble ». Au-delà de ces bretelles qui permettraient d’accéder à l’A63, direction Bayonne, et d’en sortir, direction Urdazuri et la vallée de la Nivelle, Herri Berri suggère « la création d’un giratoire au niveau de l’échangeur Nord ». Un rond-point qui, faute de pouvoir techniquement imaginer un double échangeur à Chantaco, « permettrait de repartir, deux kilomètres plus loin, vers le Sud ». Ce que le groupe appelle « une rocade urbaine gratuite pour Saint-Jean-de-Luz ».
Conscient des incidences pour les futurs riverains, Pascal Lafitte propose en contrepartie de « réduire la vitesse à 110 km/h sur l’A63 sur toute la traversée de Saint-Jean-de-Luz ». Plutôt très satisfait de décompter « déjà 800 signatures » sur la pétition en ligne – « même si on n’a pas d’élément de comparaison parce que c’est une première pour nous », complète-t-il –, l’opposant luzien dévoile son « intention de présenter ce projet à tous les conseillers municipaux d’Ascain, de Saint-Pée-sur-Nivelle et de Sare ». Le conseiller communautaire l’évoquera également à l’Agglomération, fin juin. Un autre écho sera réservé au prochain conseil municipal. Attention aux acouphènes…

change.org pour signer pétitions en ligne
Une plateforme en ligne pour signer la pétition de la rocade urbaine gratuite

La réaction du maire à la pétition

Ce n’est pas la pétition qui va faire avancer les choses… » Le maire de Saint-Jean-de-Luz et vice-président du Syndicat des mobilités, Jean-François Irigoyen, l’a dit au détour d’autres sujets, cette semaine. « On a eu la volonté, nous, de faire avancer cette étude de faisabilité, revendique-t-il. Je ne veux pas trop m’avancer, parce qu’on attend toujours les résultats, mais il semblerait que ce soit favorable », glissait- il avec « l’espoir d’avoir toutes ces réponses début juillet ».

Vincent Dewitte – Sud-Ouest – lundi 17 juin 2019 –

Financement de la bretelle d’autoroute : un manque de réactivité des élus locaux

Herri Berri prend acte de la mise en service de l’échangeur de La Virginie sur le territoire de la commune d’Orthez en lien avec l’autoroute A64 ; celui-ci permettra d’alléger le trafic routier en centre-ville.

Le coût de sa  construction -11,3M €- sera pris en charge à 50% par l’Etat, le reste se partageant entre le Département (26%), la Communauté de Communes (16%) et Orthez (8%).

En 2016, le gouvernement de François Hollande avait mis sur la table « un plan d’investissement autoroutier » de 700 M € permettant un raccordement autoroutier par le biais de bretelles ou d’échangeurs au réseau routier local. Les élus béarnais s’étant utilement positionnés en temps et en heure, leur projet s’est donc vu crédité d’une subvention de 50% de la part de l’Etat.

Les conseillers départementaux et les élus de l’Agglomération Sud Pays Basque n’ayant pas positionné dans cet appel à projet l’échangeur de Chantaco, celui-ci de facto n’a pu être éligible à ce financement étatique exceptionnel.

Nous pointons ce manque de réactivité et d’anticipation de leur part. Si l’échangeur de Chantaco doit voir le jour, la facture risque d’être plus importante pour toutes les collectivités locales !

D’autre part, près de 900 personnes ont répondu à la pétition toujours en ligne sur change.org concernant la construction de cet échangeur à Chantaco. Si les résultats de l’enquête de faisabilité de celui-ci, annoncés pour début septembre, sont positifs nous devrons alors nous passer de cette aide exceptionnelle de l’Etat à hauteur de 50% du coût total de l’équipement.

Cette opportunité manquée est pour Herri Berri une faute politique stratégique évidente, dommageable et regrettable pour tous les contribuables locaux !