Peio Etcheverry-Ainchart, élu Herri Berri, a remarqué, en examinant les acquisitions immobilières de la ville, un détail troublant qui peut nous questionner sur les valeurs républicaines en vigueur dans notre ville de Saint-Jean-de-Luz.

Peio Etcheverry-Ainchart, élu Herri berri à Saint-Jean-de-Luz

Juste un petit mot au sujet des acquisitions immobilières, où il est fait mention du bail emphytéotique sur l’immeuble de la rue Garouteigt. Je voudrais attirer votre attention sur un détail, qui peut paraître insignifiant mais à notre avis de ne l’est pas, c’est la plaque de la rue. Celle-ci porte le nom de Pierre Garouteigt, jusque-là rien de plus normal. Il est classique, dans notre ville comme dans d’autres, que des personnages soient honorés parce qu’ils ont mérité de la collectivité pour leur action, supposée vertueuse. Monsieur Garouteigt a légué son bien à la ville, et cela pouvait mériter une rue à son nom.

« Le niveau de fortune détermine le positionnement social »

Quelles valeurs républicaines?

Mais si son seul nom figure sur la plaque côté rue Gambetta, côté rue du Midi par contre la plaque précise la qualité de notre homme de cette manière : « Rue Pierre Garouteigt karrika, grand propriétaire / nagusi handia ». Pour beaucoup de gens, ce sera un détail, voire même ce sera normal, surtout ici à Saint-Jean-de-Luz où le niveau de fortune détermine le positionnement social, en tout cas géographique. Mais pour nous c’est choquant, car au lieu de signifier que l’on cherche à rappeler la qualité de donateur de Pierre Garouteigt, cela signifie ni plus ni moins qu’un nom de rue lui a été accordé pour la seule raison qu’il était riche. Comme si demain on baptisait une rue de Paris du nom de Liliane Bettencourt, en précisant en dessous « milliardaire » ou « femme la plus riche de France ». Cela sent fort l’Ancien régime et les privilèges de la naissance, surtout à une centaine de mètres de la place Louis XIV, et bien moins la République dont la rue est tout aussi proche, mais dont les valeurs d’égalité – en tout cas en droits – et de fraternité sont ici passablement insultées.

Intervention au Conseil Municipal du 10 mars 2017