Lors du conseil municipal examinant le Rapport d’Orientations Budgétaires 2019, le dernier de cette mandature, comme à chaque exercice, nous faisons un commentaire rapide sur la forme avant de nous intéresser au fond du document pour un examen plus approfondi.

Sur la forme, près d’un tiers du document relève de l’analyse du contexte hexagonal de la loi de finances 2019 ; puis suit une redite assez laudative du compte administratif 2018 que nous venons d’examiner, longuement, il y a deux délibérations. Introduction donc quelque peu fastidieuse avant d’entamer le vif du sujet : les orientations budgétaires 2019, mais qui a l’avantage d’étoffer le document, pratique récurrente à laquelle nous ne voyons pas de gros inconvénients dans la mesure où cela est relevé.
Toujours sur la forme, un document clair et bien structuré adossé à des tableaux synthétiques et lisibles illustrant, bien sûr, de la meilleures des façons ces orientations budgétaires. Pour notre part, félicitations aux services financiers municipaux pour la lisibilité du document et sa présentation générale.

logo budget avec sigle €

Analyse des orientations budgétaires municipales 2019

Sur le fond, que nous disent ces orientations budgétaires 2019 ?

Diminution de l’épargne disponible de 400 000 euros ! ça veut dire quoi ?

Pour la partie financière, nous notons la diminution de l’épargne nette disponible de près de 400 000 euros sur le budget 2019 ; certes, vous expliquez cette baisse par l’augmentation des charges de personnel et par la non perception, à partir de septembre, des loyers versés par Thalazur à la ville. Conséquence : 32 % de baisse de cette épargne nette disponible d’un budget à l’autre, fichtre . . . vous « n’y allez pas avec le dos de la cuillère » !

Une courte explication de l’épargne nette disponible :

L’épargne (brute, nette)  est un indicateur très important de la santé financière d’une commune, elle correspond à sa capacité d’autofinancement c’est-à-dire sa capacité à financer ses projets d’investissement grâce ses ressources internes.

L’épargne brute correspond à la différence entre les ressources réelles de fonctionnement (RRF) et les dépenses réelles de fonctionnement (DRF). Plus les RRF sont supérieurs aux DRF, plus sa capacité d’autofinancement est forte.

L’épargne nette correspond à la capacité d’autofinancement après remboursement de l’annuité de la dette. Elle mesure la capacité de la commune à financer ses dépenses d’équipement, une fois remboursé ses annuités d’emprunt.

A partir de l’épargne (brute généralement), on calcule un ratio de désendettement qui est égal au rapport entre l’encours de la dette (capital restant dû) et l’épargne brute. Le chiffre obtenu correspond au nombre d’années qui serait nécessaire pour rembourser la dette grâce à son autofinancement. Plus ce ratio est élevé, moins l’autonomie financière est forte et plus la commune est en situation de risque.

Au-delà de ce constat, on peut entendre vos explications, mais deux remarques :

  1. Des recettes permettant de compenser cette perte d’épargne nette disponible sont envisageables sur le budget 2019, comme entre-autres le passage de 40 à 60 % de la taxation des résidences secondaires (rendement estimé à près de 400 000 euros). Soulignons que plusieurs communes comme Bidart ou Ustaritz ont déjà opté pour l’application de ce taux.
    Dogmatiquement, comme l’aurait dit votre prédécesseur, vous faites le choix de vous passer de cette mesure et privez ainsi les finances de notre ville de la recette associée.
  2. Votre dernière phrase nous inquiète particulièrement (en page 20) « le niveau de cette épargne est à relativiser . . . ». En effet, on peut comprendre que la section investissement du budget 2019 pourra devenir une variable d’ajustement de celui-ci dans la mesure où le taux de réalisation des prévisions budgétaires sera faible et d’autant plus loin des 100%. Après un taux de réalisation en investissement inférieur à 60% en 2018 et relevé comme notoirement insuffisant par vos propres dires, nous ne comprenons pas que vous puissiez l’envisager pour 2019 ! Serait-ce l’annonce d’une atonie à venir pour la partie investissement concernant les 4.8M€ au titre des Grands projets ? Dans l’intérêt des Luziens, nous ne le souhaitons évidemment pas mais cette phrase de conclusion, ainsi formulée, laisse ouverte et légitime une telle inquiétude.

marquage au sol sur piste cyclable

Des grands projets

Pour ce qui ressort des Grands Projets du mandat, nous allons nous arrêter sur 3 points particuliers :

    1.  Ederbidea : Piste cyclable essentiellement à usage ludique de bord de mer traversant notre ville du nord au sud ; faut-il la faire ? Oui, dans la mesure où des subventions européennes viennent abonder sa réalisation et que celle-ci est un support pour les déplacements doux.
      Mais ensuite, force est de constater que le chapitre touchant aux mobilités est le grand absent de ces orientations budgétaires 2019 ; et pourtant, il y a tant à faire en ce domaine impactant la qualité de vie de tous les Luziens !
      Où sont les projets relatifs, à l’échelle de la ville, traitant de la mise en place des éléments structurants en lien avec ces mobilités ? Pistes cyclables du quotidien, parkings relais, navettes routières en site propre . . . apparemment à la lecture du tableau, même pas au stade des études . . . La seule requalification de l’îlot Foch, si nécessaire qu’elle soit, notamment au niveau des mobilités, n’est pas une réponse suffisante au regard des nuisances subies par l’ensemble des Luziens.
    2. Construction d’un pôle culturel : Nous en sommes à près de 10 Millions d’euros en AP programmés, alors que le premier montant estimé il y a quelques mois était de 8 Millions d’euros. En sachant par ailleurs que le coût final d’un tel équipement est souvent supérieur à son estimation initiale, nous sommes toujours dans l’attente de son plan de financement de manière à connaître l’impact de ce projet couteux sur les finances de la ville.
      D’autre part, alors que la Communauté d’agglomération Pays Basque (CAPB) a pris la compétence « construction d’équipements culturels d’intérêt communautaire », nous avons du mal à comprendre que celle-ci n’ait pas été associée par la ville à ce projet de réalisation de pôle culturel
    3. L’aboutissement du document d’urbanisme : Alors que sa révision était annoncée pour le dernier trimestre 2018, nous en sommes à la mise à l’enquête publique pour le dernier trimestre de l’année 2019 ! Entre-autres, rappelons que ce retard dans sa révision a permis à un promoteur vautour, en contournant le règlement et l’esprit du Plan Local d’urbanisme (PLU) actuel, de priver les luziens près de 30 logements locatifs sociaux sur une opération immobilière durant l’année écoulée.

baisse des effectifs scolaires à Saint-Jean-de-Luz

De moins en moins d’enfants dans les écoles

Et nous allons terminer par un point que ce document n’aborde jamais – mais certainement en lien avec le point cité précédemment- à savoir la lente et continue baisse du nombre des élèves luziens inscrits dans toutes les écoles maternelles et élémentaires de la Ville. (source : service municipal affaires scolaires).

Septembre 2014 : 902 élèves luziens.
Septembre 2017 : 887 élèves luziens.
Septembre 2018 : 860 élèves luziens.

– 3% sur la dernière rentrée ; – 6% depuis votre dernière élection en 2014 !

Jusque- là tout va bien . . . mais on va jusqu’où Mr le Maire ?

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