Samedi dernier, les colonnes de Sud-Ouest ont présenté une longue interview du maire de Saint-Jean-de-Luz, Jean-François Irigoyen. Histoire de faire un point sur l’année écoulée, histoire aussi de pouvoir répondre aux critiques – selon lui – « constructives » de Herri Berri et – toujours selon lui – au « blocage sur tout » du PS.

Des propos du maire à préciser

Il ne nous appartient pas de juger de notre propre action, ni à la place du maire, ni à celle des luziens eux-mêmes ; la volonté d’une « opposition constructive », nous la revendiquons toutefois sans aucune réserve et savons gré à Jean-François Irigoyen de la reconnaître, précisant au passage que les deux termes sont indissociables, en particulier au sujet du projet Foch.

En l’occurrence, les propos tenus dans l’interview nous permettent de repréciser nos positions que les élus socialistes, probablement emportés dans leur élan, se sont trop souvent autorisés à reformuler et caricaturer à leur guise en oubliant que Herri Berri n’a jamais eu besoin de perroquet.

Jean-François Irigoyen, maire de Saint-Jean-de-Luz

Îlot Foch : une copie toujours à revoir

Opposition constructive : deux postures complémentaires que Herri Berri portera jusqu’au bout, conscients du fait qu’une opposition frontale et sans nuance n’a jamais représenté la méthode la plus efficace pour susciter l’adhésion dans un débat dialectique. Car non, tout n’est pas à jeter dans ce projet urbanistique d’impact historique pour le paysage de notre ville : raser la verrue industrielle que représente l’ancien garage est une nécessité ; réaménager l’entrée du centre historique autrement que par deux hideux parkings et un rond-point routier l’est aussi ; refonder les logiques de circulation et de stationnement dans cette zone est tout aussi vital ; produire du logement et de l’activité l’est encore.
Certaines des réponses apportées par le projet actuel sont donc bonnes, en particulier la construction d’un nouveau bâtiment inséré dans la trame urbaine existante, le dégagement de places libres offertes à la circulation piétonne, ou le détournement de la circulation du boulevard Victor Hugo en amont de l’îlot Foch. Tout n’est pas à jeter dans ce projet.
Aurions-nous pour autant proposé le même projet ? Assurément non, c’est même le sens de notre contre-projet. Mais que cela nous plaise ou non, nous ne sommes pour l’instant pas encore en charge des destinées de la ville et ne pouvons peser sur les choix effectués qu’à notre niveau. C’est bien pour cela que, dans l’attente du vote final, nous tâchons d’apporter nos contributions de la manière la plus constructive possible, afin que personne ne se souvienne de celle-ci comme d’un « non, tout est nul et c’est tout ! »
Il reste que le maire donne dans son interview quelques exemples de ces principes avec lesquels nous sommes en profond désaccord. Nous n’en citerons que deux, parmi tant d’autres.

parking cœur de ville saturé en été et lors des grands week-end

Îlot Foch : stationnement et logement en question

Non au parking sous-terrain, aimant à voitures

D’abord, le fait qu’il affirme que « si l’on n’approche pas les commerçants du centre-ville, ils meurent ». Dans ce débat fondamental, il n’y a pas d’un côté la majorité qui soutient les commerces du centre et de l’autre Herri Berri qui serait contre. Il y a d’un côté la majorité qui laisse penser qu’elle est consciente de l’enjeu climatique en parlant de parkings extérieurs, de navettes et de circulations douces, tout en ouvrant un énorme parking souterrain qui aimantera toujours plus de voitures en rendant le centre d’autant moins attractif pour ses commerces ; et de l’autre Herri Berri qui cherche à garantir une meilleur attractivité au centre, en substituant à l’engorgement routier la fluidité de transports en commun en sites propres et à cadencement régulier. Quant à un parking sous Foch, pourquoi pas mais pas à n importe quel prix financier et technique. Ce parking pourrait être réservé uniquement aux résidents et travailleurs du centre-ville de Saint-Jean-de-Luz. Sur ces points le désaccord est profond.

Logement social : des chiffres du maire « flatteurs »

Autre exemple de désaccord, la question du logement. La question du journaliste évoque le fait que la politique de logement social serait « saluée ». Pas si simple. Les 19 % de logement social, score flatteur, ne sont liés qu’à un mode de calcul qui les indexe au seul nombre de résidences principales. Si l’on songe au fait que la part de résidences non principales dépasse 50 % dans la ville et ne cesse d’augmenter, l’image sociale s’écorne vite, tombant à moins de 10 % de logements sociaux, chiffre plus réaliste. Par ailleurs si un effort doit être reconnu en la matière, il n’a été que trop tardif malgré l’insistance de Herri Berri depuis 2001, rendant aujourd’hui toute action foncière très difficile. M. le maire parle de « freiner les promoteurs », mais les propositions de Herri Berri en vue d’une révision simplifiée du PLU, qui datent maintenant d’il y a plus de deux ans, restent toujours lettre-morte.

On le voit, il y a un monde entre adhésion béate et opposition stérile. Cette interview d’un maire peut servir à le rappeler, à toutes fins utiles.