Travail du dimanche : un acquis social en péril

Cet article est une reprise d’une intervention des élus Herri Berri de décembre 2014 qui a été mis à jour avec les éclairages de l’actualité récente au conseil municipal de décembre 2018.

Cette dérogation au repos dominical des salariés , tout le monde s’en rappelle, a été promulguée sous la présidence Hollande, sous l’impulsion du ministre Macron aujourd’hui président. À nos yeux, cet héritage d’une législature dite « socialiste » est en fait une atteinte à un acquis social, dont l’intitulé « dérogation au repos » paraît même particulièrement malheureux dans la formulation. Il est en théorie prévu des conditions encadrant cette dérogation, notamment celle du volontariat des salariés – dont on sait combien la crainte de refuser tout comme la faiblesse des revenus le rendent bien relatif – et des compensations salariales ; mais tout cela est loin d’être toujours bien encadré, encore moins respecté. Être une ville touristique justifie pas mal de choses, mais il y a des principes fondamentaux à savoir préserver. Bientôt, non seulement on travaillera le dimanche, mais on travaillera également la nuit.

détente devant la cheminée avec un smartphone et un café chaud

Travail de nuit à Saint-Jean-de-Luz

Cela a d’ailleurs déjà commencé depuis plusieurs semaines dans notre ville, au mépris le plus flagrant de la loi et du simple respect dû à la fois aux salariés et aux voisins directs du chantier en question qui est celui du Madison, où chaque nuit l’on continue les travaux jusqu’à parfois 3 heures du matin, malgré les plaintes des riverains. Déjà, ce chantier avait pu disposer d’une dérogation permettant de poursuivre les travaux durant l’été, alors même qu’il se situe en plein cœur de ville et aux abords immédiats de la plage, dérogation inimaginable pour quiconque n’est pas un grand entrepreneur de la ville. Monsieur le maire, retards ou pas retards pour la livraison des travaux, besoins ou pas besoins pour le propriétaire des lieux qui se permet en plus de faire sa communication dans la presse cette semaine, nous vous demandons simplement mais instamment de faire respecter la loi, et cesser immédiatement ces travaux nocturnes.

L’exposé de cette délibération nous explique qu’il s’agit de nouvelles prestations développées au sein de la direction « Santé au Travail», mais en étant indépendantes du service de santé au travail ainsi que hors médecine préventive alors que les intervenants agissent en prévention des risques professionnels. Difficile d’y voir clair. Manifestement la simplification administrative a du travail devant elle!Cette remarque faite, les objectifs  sont tout à fait louables et nécessaires. La France a un vrai retard sur tout le volet prévention.Pour autant ces objectifs affichés ne sauraient être atteints que si les chefs de service et les agents s’emparent de cet outil et actionne ensemble les leviers qui permettrons de rendre le service attendu. Une suggestion si vous le permettez Monsieur le Maire, qui rentre dans le chapitre amélioration de la qualité de vie au travail ainsi qu’au chapitre diminution de l’absentéisme : êtes-vous prêt à étudier la mise en place de plusieurs dispositifs pour favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes, notamment en ce qui concerne l’articulation des temps de travail et le congé parental?

Des dérogations intolérables

Intervention au conseil municipal du 12 décembre 2014 et qui reste d’actualité.

Délibération, proposée par la majorité, concernant la demande de renouvellement du classement de la commune de Saint-Jean-de-Luz en «commune touristique »

Le projet, un temps évoqué, d’obtention du label « station classées de tourisme» n’apparaît plus. Trop de contraintes en ces temps de rigueur budgétaire ?

Ce label, «commune touristique» qui nous intéresse aujourd’hui ouvre un certain nombre de droits : perception d’une taxe de séjour, majoration de l’indemnité de certains élus, personnel communal plus important, etc… mais aussi des contraintes fortes et pénalisante avec le travail le dimanche toute l’année notamment pour les salariés du commerce en centre ville, qui ne perçoivent pas tous, loin de là, des compensations salariales et non en réalité pas vraiment le choix en cette période de chômage de masse.

Quelle sera la prochaine étape? Le travail la nuit pour ces salariés qui sont en grande majorité des femmes ?

En conséquence de quoi, Monsieur le Maire, avez-vous des outils d’évaluation fiable qui mesurent l’impact de ce classement, à la fois sur l’économie de notre commune et sur la situation des salariés qui résulte de ce classement?

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