NON - au projet de piscine à vagues
artificielles à Saint-Jean-de-Luz

L’entreprise Boardriders prévoit, avec l’appui de la Mairie de Saint Jean de Luz, de créer à 1.5km de l’océan, un #surfpark (complexe autour d’une piscine à vagues artificielles).

Le projet de Surf park a saint-jean-de-luz

En quoi consiste ce projet ?

Ce Surf Park comprend une immense piscine (10 piscines olympiques) accompagné d’espaces de vente (commerces, bar, resto), d’un hôtel (100 chambres) ainsi que d’espaces de séminaires et de bureaux. Ce méga projet s’étale sur 7 hectares, soit 10 terrains de foot/rugby, sur des terres actuellement agricoles et naturelles.

Qui porte ce projet ?

Ce projet privé est porté par l’entreprise Boardriders-Quiksilver dont le siège Luzien a été vendu fin 2019. Malgré la vente de son siège et ses dettes abyssales, l’entreprise reste à ce jour basé à Saint Jean de Luz et ce projet vise à y développer son “campus”.
La Mairie de Saint Jean de Luz et le Maire Jean-François Irigoyen soutiennent ce projet. C’est en effet la révision du PLU portée par la Mairie qui permet aujourd’hui l’urbanisation de ces terrains. 

Où est-il prévu ?

Il sera implanté à #saintjeandeluz, en haut d’une colline sur les hauteurs de Jalday, le long de la route d’Ahetze après le parking de l’entreprise Quiksilver-Boardriders. Le Surf Park et ses vagues artificielles seront à 1.5 km de l’océan et des sports de surf. La majorité des terrains du projet sont communaux, propriétés de la Mairie de Saint Jean de Luz. Malgré ce foncier communal aucune réelle information ou concertation des Luzien(ne)s n’a été réalisé pour présenter ce projet à la population.

Quand est-il prévu ?

La révision du Plan Local d’Urbanisme (PLU) validé en février 2020, classe les terrains du projet en zone dédiée à l’activité économique, zone dans laquelle l’urbanisation immédiate est désormais possible. Les demandes d’autorisations (permis de construire etc..) sont prévues en 2021.
Dès l’automne 2019, nous avons communiqué sur ce projet et affirmé notre opposition en étant les seuls à voter contre la révision du PLU.

Quels enjeux économiques ?

La piscine à vagues artificielles est la partie “attractive” du complexe touristico-industriel de ce surf park. L’objectif affiché est vendeur à défaut d’être clair : “créer un centre de référence mondial pour la conception de nouveaux produits et services de la Filière Océan, Glisse et Sports aquatiques intégrant l’écosystème économique régional de la OCEAN TECH.” Des dizaines de projets de ce type sont en cours dans le monde, pourquoi celui de St-Jean serait plus attractif que celui d’Australie, du Brésil, du Pays de Galles ou du Texas ? Une vague artificielle existe déjà en Gipuzkoa, réservée justement aux professionnels pour la conception de nouveaux produits. Ici c’est l’offre qui justifie le projet et doit créer la demande. Sans étude de marché publique pour étayer ce projet rien ne nous indique qu’il soit en phase avec une quelconque demande. La promesse de créations d’emplois n’est pas détaillée. Quel sera le coût et le nombre d’emploi potentiellement crées par le projet ? Autant de questions sans réponses à ce jour…

Les conséquences du projet de Surf park à Saint-Jean-de-Luz

Quelles sont les conséquences socio-économiques ?

Ce projet vise à maintenir et développer une filière économique très concurrentielle et fortement lié à l’économie touristique. Cette industrie internationale pour qui l’emploi local devient une variable d’ajustement lors des plans de restructuration (75 salariés ont été licenciés en 2019 sur le site Luzien). Les risques de “chantage à l’emploi” sont réels.
Le coût s’élève à plusieurs millions d’euros et pour être “rentable” nécessite des dizaines de milliers de visiteurs qui viendront participer à l’asphyxie touristique estivale.
Le public visé pour la piscine à vagues sont logiquement les surfeurs (du “monde entier”…) mais l’on peut douter qu’ils seront prêts à payer 50 euros l’heure de “surf” alors que l’océan tout proche lui est gratuit… L’argument économique ne peut et ne doit pas tout justifier. D’ailleurs, le concepteur de la vague (Wavegarden), sur son site internet reconnaît lui-même qu’une implantation à 15 min d’un spot n’est pas pertinente.

Quelles sont les conséquences environnentales ?

Il sera implanté à #saintjeandeluz, en haut d’une colline sur les hauteurs de Jalday, le long de la route d’Ahetze après le parking de l’entreprise Quiksilver-Boardriders. Le Surf Park et ses vagues artificielles seront à 1.5 km de l’océan et des sports de surf. La majorité des terrains du projet sont communaux, propriétés de la Mairie de Saint Jean de Luz. Malgré ce foncier communal aucune réelle information ou concertation des Luzien(ne)s n’a été réalisé pour présenter ce projet à la population.

Ce projet est avant tout une aberration environnementale, il détruira à jamais des hectares de zones naturelles (boisement et zones humides) ainsi que des terres agricoles. La majeure partie du projet a été identifié comme à fort enjeu écologique et des espèces ainsi que des habitats protégés et à protéger seront détruits mais cela n’est pas “suffisant” pour stopper le projet. L’impact paysager du projet dans l’un des secteurs les plus hauts de la commune reste à démontrer malgré les promesses d’intégration dans l’environnement (avec des bâtiments de trois étages la question peut légitimement être posée.
Son implantation à proximité immédiate de l’océan est en soi un non-sens et une erreur irréversible en termes d’aménagement du territoire.
Dans le contexte actuel du changement climatique, ce projet va l’aggraver ainsi que l’artificialisation des sols, l’étalement urbain, la perte de biodiversité et la disparition des terres agricoles. 
La (sur)consommation d’eau et d’énergie pour faire fonctionner cette mégastructure est équivalente à celle de centaines de foyers. Ce seront plusieurs dizaines de milliers de mètres cubes d’eau potable consommés (et dont le traitement viendra aggraver un système d’assainissement déjà problématique). Une heure de surf est équivalente à plusieurs semaines de consommation d’eau et d’électricité d’un foyer “moyen”…
Une surconsommation pour créer des vagues artificielles alors qu’au contraire il serait judicieux d’utiliser les vagues naturelles qui produisent de l’énergie (exemple de la Station houlomotrice de Mutriku au Pays Basque Sud).

Les propositions de Herri Berri

Sauvegarde des espaces naturels et des terres agricoles

Les espaces naturels du projet doivent être préservés pour leur vocation écologique, notamment les boisements et les zones humides qui sont des habitats à fort potentiel écologique. Les terres agricoles doivent également être maintenues dans leur usage agricole. Elles pourraient être dédiées à la création d’un verger et du maraîchage à destination des cantines municipales luziennes, crèches ou établissement pour seniors. Le développement d’une agriculture locale et paysanne est prioritaire et primordial pour l’avenir. Ces terrains étant majoritairement propriétés de la commune, les citoyens doivent être concertés en connaissance de cause. Un tel projet ne peut être imposé ni aux citoyen(ne)s ni aux générations futures.

Maintien et développement de l’emploi à Jalday

La zone d’activité de Jalday s’étend déjà sur plusieurs dizaines d’hectares mais certains espaces ne sont pas maximisés ni pleinement valorisés. Un potentiel de développement existe encore. Il est possible en mutualisant les parkings (création de parkings silos…) et en repensant les bassins de rétention (bassin enterré, chaussée réservoir…) de libérer plusieurs hectares. Ces hectares libres pourraient alors accueillir de nouvelles entreprises afin de maintenir et développer l’activité économique et l’emploi dans cette zone déjà urbanisée et équipée en réseaux.
Cette solution innovante se ferait sans aucun étalement urbain ni bétonisation des terres naturelles et agricoles. Une réelle volonté politique et une évolution du modèle d’aménagement sont les seules solutions pour faire face aux défis socio-écologiques des années à venir. Nous avons besoin de réorienter l’économie vers des activités et des emplois durables.

En conclusion, pour Herri Berri, ce projet de Surf Park présente donc toutes les caractéristiques d’un « Grand Projet Inutile et Imposé » ou #GP2I. Un projet similaire a été abandonné à St Geours-de-Maremne puis à Castets dans les Landes pour des raisons environnementales et économiques, il doit en être de même pour le projet Luzien.
Avis que le Maire de Saint Jean de Luz, Jean-François Irigoyen, ne partage pas à la lecture de ses propos sur le projet : « On construit bien des piscines pour nager alors que l’on habite au bord de l’océan ». Avec une telle logique à quand des ventilateurs géants dans la baie pour faire de la voile toute l’année ?! Est-il pertinent de comparer un surf park et une piscine dont l’utilité publique n’est plus à démontrer ? 

Signez et partagez

Faites entendre votre voix et ensemble pesons sur les décisions des pouvoirs publics en signant la pétition. Chaque signature est une goutte de plus pour faire grossir la vague d’opposition à ce projet absurde.