Lors du conseil municipal du 29 novembre 2013, la délibération n°8 portait sur la cession de l’îlot des Erables, occasion pour Herri Berri de faire la synthèse de ses positions sur la question du logement à Saint-Jean-de-Luz.

L’îlot des Érables : abandon de la maîtrise foncière

« Nous nous abstenons sur ce vote, au nom de la production de 21 logements sociaux en centre-ville mais sans véritable adhésion au projet. Sur la question de cet îlot des Erables, je crois que chaque tendance de ce conseil a déjà dit clairement ce qu’elle en pensait. La majorité défend sa manière d’avoir mené cette opération et c’est bien normal. L’opposition en dessine à la fois les points positifs et les points négatifs et c’est tout aussi normal. En ce qui nous concerne plus spécifiquement, nous n’allons pas y revenir, sauf pour souligner quelques éléments qui nous semblent importants.D’abord, sur le temps long, l’histoire retiendra un bilan comptable particulièrement déséquilibré si l’on considère le coût d’achat de l’îlot il y a plusieurs années – qui était malgré tout une bonne décision – et celui auquel il est aujourd’hui revendu. Nous avons déjà rappelé à maintes reprises notre opposition à toute cession de foncier public mais au moins, quitte à revendre ce terrain il aurait été appréciable d’éviter de s’infliger une double peine : abandon de ladite maîtrise foncière et en plus revente à perte. En termes d’urbanisme d’une part et de gestion des finances publiques d’autre part, on a déjà vu mieux.
Nun dira astigar arbolak ?

Réfléchir avant d’agir

Mais bon, si l’on considère avec vous que cela valait malgré tout le coût, que constate-t-on au regard de l’infrastructure obtenue ? Pas d’aménagement d’ensemble mais du coup par coup : un cinéma qu’il faut agrandir à peine 5 ans après sa construction ; un parking qu’on décide également d’agrandir au bout d’à peine 5 ans et dont le manque de places nécessitera d’en construire encore un autre ailleurs ; une dalle qui reste vide le temps qu’on sache ce qu’on peut bien y mettre dessus, et finalement un projet immobilier devant se faire une place dans cet espace désormais très contraint. Notre première question pourra donc paraître quelque peu ingénue, peut-être même incongrue, mais n’était-il pas possible de réfléchir avant d’agir, plutôt que d’agir et réfléchir ensuite ?

Un projet insuffisant

Le résultat, en tout cas, ne nous paraît pas satisfaisant. Au plan urbanistique, on peut se dire que des techniciens compétents parviendront toujours à un rendu finalement correct ; les yeux et les esprits s’habitueront ensuite sans problème à la nouvelle configuration de cet îlot. Mais en ce qui nous concerne, nous ne nous empêcherons pas de nous demander s’il n’était pas possible de faire mieux à cet endroit. Mieux dans la destination du parking Cœur de ville, pour ne pas nous résoudre à subir encore davantage les embouteillages estivaux de l’hypercentre ; mieux dans la gestion foncière pour ne pas nous résoudre à nous contenter d’une vingtaine de logements sociaux là où la pompeuse annonce des débuts en laissait espérer 50% ; mieux dans la gestion commerciale, pour ne pas nous résoudre à voir cet îlot promis à participer de la dégradation du commerce en centre-ville par le maintien de baux précaires. Trop tard, le coup est parti. Comme d’habitude, vous achèverez ce débat dans quelques minutes en me traitant de dogmatique et puis on passera à autre chose, car telle est l’éternelle pièce de théâtre municipale luzienne. A Saint-Jean-de-Luz comme à Broadway, the show must go on.

Loi SRU: impossible de rattraper le retard

Sauf qu’en ce qui constitue probablement le dernier conseil municipal avant mars prochain, il nous reste tout de même à clôturer un petit exercice ouvert au début de la mandature, en 2008. L’année précédente donc en 2007, quelques mois avant les élections municipales et à l’occasion d’une énième controverse avec notre groupe, qui vous disait qu’au rythme de l’action de votre équipe nous ne rattraperions jamais notre retard au regard de la loi SRU, Philippe Juzan avait déclaré « ne vous inquiétez pas, nous serons dans les clous en 2020 ». Certes, nous sommes bientôt en 2014 mais faisons donc les comptes à la fin de cette mandature : nous sommes passés en 6 ans de 462 logements sociaux manquants à environ 330. Cela signifie donc que vous vous êtes décidés à agir, ce qui est bien. Il aura fallu du temps et de l’énergie pour vous pousser au derrière mais vous vous êtes finalement mis en route. Le seul souci mais il est de taille, c’est que vous avez tellement attendu, dans un tel contexte de flambée des prix surtout entre 2000 et 2007, que maintenant l’action publique est totalement bridée à Saint-Jean-de-Luz par le coût du foncier. La preuve, on l’a avec les modestes 30% de logements sociaux aux Érables plutôt qu’un vrai programme à dominante sociale à attendre sur du foncier public ; on l’a avec l’impossibilité prévisible de préempter l’école Saint-Joseph ; on l’a avec les prix obtenus dans le social comme en accession à Elgar ou aux Érables. Mais surtout, on l’a avec les difficultés à trouver des perspectives nouvelles dans le futur Plan Local d’Urbanisme en cours de révision générale.Non, Philippe, vous ne serez jamais dans les clous, ni en 2020 ni ensuite, et ce malgré les résultats fort honorables obtenus au titre du PLH actuel. Au rythme d’aujourd’hui, il vous faudrait près de 25 ans pour y parvenir, et encore on sait vous et moi que le rythme actuel lui-même n’est pas soutenable au vu du potentiel foncier mobilisable dans les années qui viennent. Et cela sans parler du passage à 25% du quota minimum de logements sociaux désormais prévu par la loi.Je finirai donc en estimant que derrière la délibération de ce soir concernant la cession du foncier aux Érables, on a en fait le condensé du bilan de votre action dans le volet du logement, pourtant présenté comme votre priorité ou fil rouge : du mieux durant cette mandature, mais trop peu et surtout beaucoup trop tard. Nous vous avons proposé des solutions, vous en avez adopté certaines, mais il est maintenant clair à nos yeux que personne mieux que nous-mêmes ne sera à même de les appliquer. Et encore cela nous obligera-t-il à agir sans promettre l’impossible aux luziens, dans un contexte local calamiteux au plan du foncier et de l’immobilier, héritage de trois mandatures qui auront marqué l’évolution de la sociologie luzienne d’une tache indélébile : celle d’une mutation de type tropézien, qui derrière le clinquant et le tape-à-l’œil, aura en réalité fait de cette ville l’ombre d’elle-même. »

Des places de stationnement pour les résidents

« Vous faites allusion à la délibération du N°11 du conseil municipal du 19 juillet 2013 concernant “ la modification du contrat de service public parking souterrain avec la socièté Vinci Park”. Vous y annonciez la construction d’un nouveau parking souterrain de 64 places, afin de répondre “ au besoin en stationnement généré par le programme immobilier”. Au regard des règles d’urbanisme en lien avec le stationnement c’est un total de 104 places que vous deviez proposer; le delta manquant était donc de 40 places. Nous avions voté Oui à cette délibération en soulignant que celle-ci allait dans le bon sens puisque ces places de stationnement étaient dédiées aux résidents tout en vous faisant remarquer qu’il en manquait tout de même 40!Avons-nous été entendus? Il semblerait que oui, en partie puisque ce soir, ce parking a une capacité de 68 places et 30 autres seront louées en longue durée sur le parking “coeur de ville”. Pouvez-vous, néanmoins, préciser les modalités d’application de cette “ location longue durée” ? A qui s’adresse-t-elle, dans quelles conditions financières, et pour quelle durée plus précisément ?Ainsi donc, sur les 104 places nécessaires et en tenant compte de des 98 proposées il n’en manquerait plus que 6? Si près du but, pourquoi ne pas avoir négocié avec Vinci 36 places, pour être définitivement dans les clous ? » conseil municipal 29 novembre 2013