Le tract ci-dessous, expliquant nos arguments, a été distribué sur le marché par les militants Herri Berri. Il cherche à sensibiliser les luziens au problème que représente le poids démesuré des résidences secondaires dans notre commune. Nous y détaillons notre argumentaire au sujet de l’augmentation de la taxe d’habitation.

Vous pouvez télécharger ce tract bilingue (page 1 en français et page 2 en Euskara), l’imprimer et le partager à vos amis et connaissances.

tractage de militants au marché

Pourquoi les résidences secondaires sont un enjeu stratégique ?

Le problème du logement au Pays Basque est-il du au manque de logements ?
A Saint-Jean-de-Luz, il y a 14 000 logements pour 14 000 habitants, c’est-à-dire un logement pour un habitant.
On ne « manque » de logements que parce que la moitié d’entre eux sont vides toute l’année. Si on se référence à l’INSEE, on compte :

  • 50% résidences principales (-4,2 % depuis 2008)
  • 47% résidences secondaires (+11 % depuis 2008)
  • 3% logements vacants (+80 % depuis 2008)

Quelles sont les conséquences de cette sur-représentation des résidences secondaires ?

La sur-représentation des résidences secondaires dans le parc immobilier de Saint-Jean-de-Luz entraîne une hausse du prix du mètre carré entre 5000 et 8000 euros et l’impossibilité de se loger pour une part importante des luziens.

Les emplois sont situés sur la côte alors que les logements se trouvent à l’intérieur du Pays Basque (Saint-Pée-sur-Nivelle, etc.) avec à la clef des distances plus importantes à parcourir en voiture et d’avantage de pollution.
ville vide l’hiver et saturée l’été.

Pas d’acharnement contre les résidences secondaires

Tout cela n’a donc rien d’un acharnement de principe contre les résidences secondaires. S’il n’y avait pas de problème de logement ni de flambée des prix, un nombre raisonnable de résidences secondaires ne serait pas choquant. Mais dans le contexte actuel, il incombe à la puissance publique la responsabilité de tenter de rétablir les équilibres dans le sens de l’intérêt collectif.

militants rassemblés contre les logements vides

Peyuco Duhart lui-même le confirme (Sud-Ouest immo, 8 juin 2016) :

« Nous devons tout faire pour parvenir à un équilibre entre résidences principales et secondaires. Si l’on veut que la ville vive toute l’année, il n’est donc pas souhaitable de se rapprocher du seuil des 50 % de résidences secondaires. »

C’est de là que vient cette idée de création d’une contribution spécifique pour les résidences secondaires. Elle n’a rien de dogmatique, elle ne contrevient pas au droit à la propriété privée, elle n’est qu’une réponse fiscale à un problème d’aménagement du territoire.

Pour nous, le droit d’avoir un logement passe avant celui d’en avoir deux

Quant à l’opinion publique, nous comprenons parfaitement son scepticisme. De fait, il n’est jamais agréable de donner l’impression d’en vouloir à des gens qui veulent profiter de leur maison de vacances. Mais la question n’est pas aussi simple : elle est d’abord celle de la cohérence vis-à-vis de la population d’un territoire victime de son succès, où la part excessive de la résidence secondaire contribue si lourdement à empêcher tant de gens de s’assurer une résidence pour y vivre avec leur famille. La première est un agréable superflu, la seconde est un nécessaire vital. Un mot pour finir, à l’adresse de ceux qui parfois critiquent avec la même force l’atteinte supposée aux droits des résidents secondaires, et critiquent par ailleurs le fait de devoir pour produire les logements dont on a besoin poursuivre la « bétonisation » de la ville en périphérie, autour de la place Foch, parfois même devant leur propre fenêtre.
Il faut savoir ce que l’on veut :
1000 résidences secondaires en moins = 1000 logements en moins à construire