Le groupe Herri Berri bâtit son action, depuis le début de son existence, notamment, sur un sujet très aigu à Saint Jean de Luz, l’urbanisme et le logement.
Si l’on peut observer des évolutions, depuis une dizaine d’années, dans l’action municipale, pour nous le compte n’y est pas. Le retard pris dans la première décade du 21ème siècle a fortement réduit les marges de manœuvres. Et les nouvelles réalisations ne sont pas au niveau des besoins réels de la population actuelle ou potentielle.

La réponse des élus majoritaires (un taux de logements sociaux de plus de 18%), fondée sur les seules résidences principales (50% seulement des logements de la ville et leur part baisse régulièrement depuis des décennies) s’affranchit d’une anticipation que son action et ses orientations ne dessinent pas suffisamment.

chantier de construction

Une fiscalité soluble dans le budget municipal

Le gros projet de Trikaldi, qui représente en valeur absolue un budget alloué de 336 000 d’euros, fait bien pâle figure en rapport au million d’euros prévu au titre du produit fiscal de la taxation sur les résidences secondaires en 2018. En 2017, seuls 24 266 d’euros avaient été engagés sur un produit fiscal de 455 000 d’euros. L’esprit de cette fiscalité nouvelle était pourtant bien de profiter intégralement à la politique du logement et non de servir de variable d’ajustement du budget général. Et que dire si l’on y ajoute les 2,3 millions d’euros des droits de mutation, l’an dernier…

Quant à l’action foncière, rien n’est prévu alors qu’il s’agit d’un enjeu « …stratégique pour permettre à la Ville de maîtriser son développement… » (cf : le programme électoral de la majorité municipale). La ville est assise sur un tas d’or, en grande partie abondé par la valeur de son foncier et donc des logements. Si cela est une aubaine pour les finances de la commune, c’est aussi un frein énorme pour la population qui cherche à s’y loger. Nous demandons qu’une partie significative du produit fiscal soit investi dans un effort de préemption foncière ou dans la production de logements. Notons qu’aujourd’hui cette production de logements, y compris sociaux, tient beaucoup plus de la promotion privée que de la maîtrise d’ouvrage directe.

Plus de moyens ? Il reste le PLU

Rappelons aussi que les leviers ne sont pas seulement fiscaux. Agir, même quand on n’a pas la maîtrise publique, est possible en appliquant le règlement d’urbanisme de manière plus efficace. Or le nouveau PLU (Plan Local d’Urbanisme) est annoncé, sans plus de précisions, pour la fin 2018. Il est inconcevable qu’un tel document, d’importance majeure et qui était déjà censé être achevé à la fin de l’an dernier, soit encore repoussé. Nous avons proposé une révision simplifiée permettant de mieux encadrer la promotion privée, dans l’attente de la finalisation de la révision générale de ce PLU. Cette mesure semblait rallier la faveur de la majorité municipale, comme c’est le cas dans certaines autres communes basques. Faute de pouvoir tout faire au seul plan financier, c’est une mesure qui faciliterait l’action publique. Nous attendons des preuves tangibles de la volonté de la Municipalité dans ce domaine.

Extrait de l’intervention de Peio Etcheverry Ainchart au Conseil Municipal du 2 mars 2018
PEA/FS