Les élus d’Herri berri prennent position sur la réhabilitation de l’îlot Foch en plein de cœur de Saint-Jean-de-Luz, approuvent certains aspects du projet proposé par la municipalité mais soulignent de gros points faibles en matière d’urbanisme, de foncier et des finances locales.
Le groupe municipal Herri Berri se veut force de proposition pour la réhabilitation de l’îlot Foch.

Herri Berri sort du silence. Alors que la consultation des Luziens sur l’avenir de l’îlot Foch s’achève, le groupe municipal de l’opposition a souhaité s’exprimer avec, pour objectif, de « critiquer, proposer ou valider », précise Pascal Lafitte.

vue aérienne de la place Foch à Saint-jean-de-luz

La consultation citoyenne

Sur le principe, Herri Berri considère positive la consultation citoyenne. « Trop de projets ont été imposés », commente Peio Etcheverry-Ainchart. Cependant, l’abertzale regrette que son lancement ait pris du retard. « Elle n’a été mise en place qu’en été, une période durant laquelle les Luziens ont la tête dans les vacances. » Et remarque qu’au cours de cette consultation « les invariants sont devenus plus flous ».
Il pointe le recours à un cabinet privé, Neorama, pour la réaliser. « Il en a coûté 34 000 euros aux contribuables, alors que nous disposions des compétences nécessaires en interne pour la mener à bien. Mais le projet est tellement polémique qu’il était certainement plus confortable pour la majorité de faire appel à un cabinet privé. » L’élu s’interroge sur la clôture de la consultation. « Une réunion publique devait être programmée ce mois-ci et aucune date n’est fixée. »

Les logements prévus sur le parking Jaulerry

L’emplacement du parking Jaulerry a été acheté par la municipalité en 1995. « Quand on a payé la chance de devenir propriétaire, il faut conserver la maîtrise de ce qui sera construit », commente Peio Etcheverry-Ainchart. Plutôt que de vendre cet espace à un promoteur privé, Herri Berri propose de céder le droit de bâtir mais pas le foncier, via un bail emphytéotique, « qui permettrait 70 % de logements sociaux dont 20 % accessibles à la propriété pour fluidifier le parcours résidentiel et favoriser la mixité sociale. » Et de préciser : « Il faut un traitement paysager pour bien intégrer cette construction qui ne devra pas dépasser trois étages pour éviter la surdensification. »

Les mobilités dans l’îlot

Le groupe d’opposition n’est pas opposé à la construction d’un parking souterrain. « Mais il ne doit pas s’agir d’un aspirateur à voitures », souligne Pascal Lafitte. « Ce parking devra être réservé à l’usage des résidents et commerçants. » Pour les véhicules de passage, Herri Berri propose des parkings-relais. « Des navettes pourraient relier ces parkings à l’esplanade Foch », commente Pascal Lafitte. « Il faudrait donc réserver une voie à ces navettes, boulevard Victor-Hugo, réaliser une piste cyclable et conserver les trottoirs. » Et d’ajouter : « Le boulevard devra conserver son sens unique, mais il faudrait s’interroger sur le sens. L’actuel n’est peut-être pas le plus pertinent. Il sature le rond-point des Pyrénées. »

Le traitement urbanistique

« Nous souhaitons la végétalisation de l’esplanade Foch », lance Pascal Lafitte. « Un espace sans aucune construction où il sera possible de respirer avant d’entrer dans les ruelles de la partie historique de la ville. » Herri Berri acquiesce aux projets de maintenir le parking « pêche » et à la destruction du rond-point du port.

L’aspect financier

Selon Herri Berri, il serait possible de financer le projet Foch sans alourdir la dette de la ville et sans vendre le parking Jaulerry à un promoteur privé. « Le parking souterrain ne sera pas à la charge de la Ville », explique Pascal Lafitte. « Les nouveaux logements produiront des rentrées d’argent : taxes d’habitation et foncières, frais de mutation. Il ne resterait que le coût de l’aménagement de l’esplanade que la Ville pourrait absorber. » Cependant, si la Ville devait céder l’espace Jaulerry pour équilibrer l’opération, « il faudrait qu’elle le vende à sa juste valeur. Cet espace vaut au moins 4 millions d’euros. C’est une mine d’or ».

Les invariants

Peyuco Duhart, lorsqu’il a présenté le projet de l’îlot Foch, a énoncé des invariants qui ne pouvaient être soumis à discussion. « Et, contrairement à ce que nous avons parfois pu entendre, nous pensons qu’il était nécessaire de cadrer le débat par ces invariants », souligne Peio Etcheverry-Ainchart. Quels sont-ils ? La construction d’un parking souterrain dont l’entrée et la sortie se situeront avenue de Verdun. Le respect de la ligne de façade entre la gare et la place Louis-XIV, en prévoyant la construction de logements à l’emplacement du parking Jaulerry qui serait confié à un promoteur privé. La réalisation d’une esplanade, de l’actuel parking Foch à la Grillerie, tout en conservant celle-ci, qui serait financée par la vente du parking Jaulerry. « Il était question de la construction d’un bâtiment à usage économique, voire d’un hôtel sur cette esplanade », relève l’abertzale. « Ce projet a disparu de la communication du maire mais cela n’implique pas qu’il y a, pour autant, renoncé. » Enfin, le maintien du parking pêche et la suppression du rond-point du port.
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