Après plusieurs mois d’attente, le futur projet Foch a vu s’ouvrir une nouvelle phase, consacrée à la concertation. Dans ce cadre, la presse a souhaité donner la parole aux deux groupes d’opposition, Herri Berri laissant entendre pour sa part que le projet lui paraissait globalement satisfaisant, soulignant toutefois d’importantes limites qui conditionneraient sa position finale. Une sorte de « oui, mais », en somme.

Citation de Machiavel sur la mauvaise foi

Mauvaise foi des socialistes luziens ?

Il est étonnant, dès lors, de lire dans le blog des élus socialistes le passage suivant, constituant l’essentiel d’un chapitre intitulé « Seuls à dire non » : « Les élus socialistes constituent en effet, comme M. le Maire l’avait déclaré à la presse, et comme les propos des Abertzale – décrivant l’aménagement comme « un projet qui leur convient » – le confirment la seule voix hostile, dans le conseil municipal, au projet tel qu’il est présenté. » Le PS luzien proclame donc le triomphe de la vertu : celle de l’exclusivité du refus. Curieux, lorsque l’on rappelle que le seul vote en conseil municipal ayant jamais concerné ce projet porta en juin dernier sur la concertation, et que les deux groupes d’opposition votèrent contre. Mais bon, convenons que le PS est effectivement le seul groupe d’opposition municipale à avoir intégralement descendu le projet en flèche, et tient donc à le souligner.
Mais, qu’est-ce donc à dire ? Est-ce une question de fond, portant à penser que dans la bonne quinzaine de caractéristiques majeures de ce projet tel que présenté actuellement, tout est à jeter en bloc ? Est-ce une question de principe, qui considère qu’un groupe d’opposition se doit d’être – par nature comme par fonction – frontalement opposé à tout ce que pourrait proposer la majorité ? Est-ce encore une question de stratégie, consistant pour ce groupe à rechercher l’espace politique qui lui fait défaut en embrassant même caricaturalement la posture du seul opposant au projet majeur de cette mandature ? Peu importe, à vrai dire.

Quel est le sens de notre position sur le projet Foch ?

Un projet avec des aspects satisfaisants

En ce qui concerne Herri Berri, nous assumons notre « oui, mais ». D’abord parce que oui, certaines logiques urbanistiques suivies – qui ont sensiblement évolué depuis le lancement du projet – nous semblent aujourd’hui correctes. Oui, par bien des aspects les volets liés à la circulation, au développement économique ou au logement nous conviennent. Oui, nous aurions peut-être fait les mêmes choix dans certains domaines si nous avions été en fonction.

Pas un satisfecit définitif

Mais non, jamais dans l’histoire de la dialectique comme dans nos propos un « oui, mais » n’a signifié « satisfecit définitif ». Nous l’avons dit, certains points importants nous paraissent encore à revoir, de nature à conditionner notre vote final, dans un sens ou dans l’autre. Le sens d’un « oui, mais » ne se résume ni dans le « oui », ni dans le « mais ». Notre posture sur ce projet est à l’image de notre logique d’action habituelle : celle d’une opposition équilibrée qui sait dénoncer ce qui doit l’être – nous le faisons bien assez par ailleurs – mais aussi reconnaître ce qui peut être satisfaisant.

Rappelons-le : « tout ce qui est excessif est insignifiant ». Cela vaut autant pour le soutien béat que pour l’opposition systématique. Quant au projet Foch dont il est question, rendez-vous lors du vote final.