« Pour convaincre les masses, il vaut mieux un gros mensonge qu’un petit ». Le maire de Saint-Jean-de-Luz Peyuco Duhart s’est pourtant bel et bien pris les pieds dans le tapis.

Promesse non tenue

En conseil municipal, vendredi 17 juin 2016, le groupe abertzale Herri Berri lui a rappelé son annonce du 18 septembre 2015 d’accueillir deux familles de réfugiés dans la ville. Neuf mois plus tard, aucune nouvelle de la préfecture, selon lui. Contredisant le maire, Herri Berri a directement contacté la Délégation départementale à la cohésion sociale (DPCS) et obtenu d’elle une attestation écrite datée du 6 juin dernier, prouvant qu’aucune proposition n’avait à ce jour été déposée par la commune de Saint-Jean-de-Luz.

Un maire qui ne communique pas

Déjà scandalisé par le fait que le maire ait alors mis fin au débat en conseil – ce qui constitue un excès d’autorité caractérisé – le groupe Herri Berri déplore surtout le fait qu’il n’ait toujours pas répondu depuis aux questions posées :
Une proposition a-t-elle effectivement été déposée en préfecture en septembre ?

Si tant est que la preuve officielle en est apportée, comment expliquer l’absence de relance durant neuf mois, des démarches similaires se concrétisant par ailleurs dans des communes voisines ?
Si une relance a bien eu lieu après le nouveau courriel de la DPCS du 15 avril, précisant pourtant les modalités à suivre, comment se fait-il que celle-ci ne l’ait toujours pas reçue à la date du 6 juin ?

famille syrienne accueillie à Hendaye

Pour le groupe Herri Berri, si des éléments clairs viennent expliquer cette succession d’anomalies, il suffit que le maire les rende publics car chacun est capable de les comprendre. Mais sa réponse, par voie de presse, tient aujourd’hui dans le déni et sa seule parole, auxquels Herri Berri oppose un écrit officiel. En l’absence d’éléments plus probants de sa part, cela attesterait d’une absence de réelle de volonté de concrétiser l’annonce du mois de septembre, et donc du pur et simple mensonge d’un maire à son conseil municipal. Ce qui est d’autant plus honteux que cela concerne une question douloureuse pour des milliers de personnes.

Une question d’humanité

Mais surtout, la question du dernier conseil ayant été posée à l’occasion d’une délibération confiant à un opérateur social les deux seuls logements communaux susceptibles d’accueillir les familles de réfugiés, que proposera maintenant le maire pour les loger ?
Car pour Herri Berri, au-delà du mensonge et du précieux temps perdu, c’est bien la dramatique situation des réfugiés qui reste prioritaire, au soulagement de laquelle chaque commune devrait prendre sa juste part. Le gong de l’été et des vacances ne sauvera pas le maire sur cette question.