place Louis XIV Saint-Jean-de-Luz

Les élus se sont affrontés sur le dernier examen du budget de la mandature. Les projets de la place Louis-XIV et de la maison des associations sont reportés.

La tension est montée d’un cran vendredi soir lors de l’examen du dernier budget de la mandature. En plein milieu de la séance du conseil municipal de Saint-Jean-de-Luz , le maire Peyuco Duhart a tenu à répondre aux critiques des deux groupes d’opposition dans un article de « Sud Ouest » publié vendredi (« Faut-il vendre les bijoux de famille ? »). Sur un ton solennel et musclé, l’édile a tenu « à couper court à toutes les rumeurs préélectorales et les fantasmes alimentés par certains » au sujet de la gestion du patrimoine communal.
Dans son viseur, les élus de gauche et d’Herri Berri : « La commune se sépare de logements vieillissants et inadaptés (résidence Erdian au-dessus du CCAS et les anciens logements de fonction d’Urdazuri) à ses besoins qui serviront à financer de nouveaux équipements. Il ne s’agit pas de solder la ville aux promoteurs, nous parlons d’aménagement du territoire. Vous mettez sur la table le Monopoly de Saint-Jean-de-Luz pour effrayer les Luziens. Mais nous ne bouchons pas des trous pour trouver des liquidités en vendant du patrimoine car il n’y a pas de déficit à Saint-Jean-de-Luz. »

 

Les Érables dans le débat

Et le maire de brandir l’argument des impôts et de la dette : « Quels sont mes choix : une hausse massive des impôts locaux qui sont parmi les plus bas de la région ? Non. Une augmentation de la dette communale ? Non. Vendre deux logements et des parcelles du domaine communal privé (dont 99 % des Luziens ignoraient l’existence) pour enrichir notre patrimoine ? Oui. C’est un choix de bon père de famille que j’assume. »
Les arguments n’ont pas convaincu les socialistes Émile Amaro et Georgette Jariod qui ont sorti les calculettes. Les récentes ventes des biens communaux ont rapporté 3,6 millions d’euros à la commune. Un chiffre que le maire a relativisé puisque le patrimoine communal s’élève à 120 millions d’euros. Le groupe des élus de gauche a également critiqué la gestion du dossier de l’Îlot des Érables au centre-ville : « Depuis 2001 vous avez dépensé 6,7 millions d’euros (en euro constant) pour acquérir le foncier. Et vous l’avez vendu 2,1 millions aux promoteurs privés. Belle opération financière… » ironisent-ils.
La présentation de ces chiffres a provoqué le courroux de Peyuco Duhart : « Ce sont des mensonges. Le parking et le cinéma sont toujours dans le patrimoine communal puisque nous avons mis en place un bail emphytéotique. Si vous voulez être crédible, évitez ces approximations. » Avant que le débat ne s’emballe, Peyuco Duhart avait présenté le budget 2013. Un budget municipal qualifié de « court-termiste et d’iconoclaste » par le groupe Herri Berri. Les abertzale n’ont pas sorti l’artillerie lourde mais ont quand même souligné l’absence, dans le chapitre des investissements, de deux grands dossiers pourtant annoncés avant la fin du mandat : la requalification de la place Louis-XIV et la maison des associations.