Des mauvais choix en matière d’urbanisme peuvent engendrer des catastrophes et avoir des conséquences sur la biodiversité et sur l’étalement urbain à Saint-Jean-de-Luz. La possibilité de construire des habitations a été accordée par la mairie dans la zone de Errota Zahar (Chantaco sud). Herri Berri est opposé à l’ouverture à l’urbanisme pavillonnaire dans cette zone.

Errota Zahar quartier de Saint Jean de Luz innondable
Bientôt des villas de luxe à Errota zahar ?

Qu’est-ce que le Plan d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) ?

Définition du Plan d’Aménagement et de Développement Durable

Le Plan d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) est une vision stratégique et prospective du Développement territorial de notre commune à l’horizon 2025/2030. Il définit les orientations générales des politiques d’aménagement, d’équipement, d’urbanisme, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques retenues pour l’ensemble de la commune (article L. 151-5 du Code de l’Urbanisme). Il décrit les orientations de politique générale, adoptées par la municipalité et les outils dont elle souhaite se doter pour guider le développement de la ville dans les années à venir.

Ouverture du PADD à la zone Errota Zahar

En septembre 2016, le Conseil municipal de Saint-Jean-de-Luz était appelé à débattre sur le PADD, document administratif de première importance dans le cadre de la révision du Plan Local d’Urbanisme (PLU). Dans ce dernier la zone est urbanisable, il y a déjà une route et une villa. Lors de ce premier débat, la Mairie avait affiché son désir d’ouvrir à l’urbanisme pavillonnaire la zone d’Errota Zahar. Herri Berri avait argumenté son opposition à une telle perspective en développant 3 points justifiant son refus.

Pour bien comprendre les enjeux urbanistiques et écologiques de ce site, il est tout d’abord nécessaire de préciser son emplacement (voir les photographies aériennes de 2006 et 2016) : sur la route d’Ascain, face au collège et à la plaine des sports de Chantaco, à droite de la voie menant à la piscine éponyme. Ajoutons une précision géographique importante, le cours de la Nivelle se trouve à moins de 300 mètres sur une zone absolument dénuée de tout relief.

Malgré notre opposition, sourde à nos arguments, la Mairie avait rendu cette zone urbanisable, ce qui explique la présence d’une villa et d’une route sur ce site depuis 2016. Une de nos interrogations portait sur le fait qu’en application de la loi Littoral, Errota Zahar se trouvant hors de la zone agglomérée, elle ne pouvait être, de facto, urbanisable! Soulignons qu’à l’heure actuelle une telle urbanisation ne serait plus possible dans le cadre de la loi Elan, celle-ci supprimant la possibilité de créer « un hameau nouveau » afin de lutter contre le mitage urbain.

Un projet immobilier de luxe

Par ailleurs, il nous semble utile de rappeler que ce projet de 7 hectares devait permettre, à l’origine, la mise à la vente de 30 lots ; depuis, celui-ci a été remanié pour passer à une offre de 15 lots dont la fourchette de prix pourrait aller de 500 000 euros à 1000 000 euros le lot !
Manifestement, une telle offre ne peut s’adresser qu’à des personnes disposant de moyens financiers hors de proportion avec ceux de l’immense majorité des luziens et va incontestablement concerner une population fortunée et exogène.
De plus, une mise sur le marché à cette hauteur de prix ne pourra que favoriser la spirale inflationniste du foncier sur notre ville, contribuant dans le même temps à l’exclusion du plus grand nombre de Luziens, primo accédants et jeunes couples étant les premiers touchés.
Ceci, clairement, nous ne pouvons l’accepter !

photos aériennes de la zone errota zahar à Saint-Jean-de-Luz
Photos aériennes du quartier errota zahar en 2006 et 2016

Les  raisons de l’opposition de Herri Berri au projet Errota Zahar

Nos 3 arguments contre l’urbanisme de Errota Zahar

Outre cet aspect touchant à la problématique du « logement accessible à tous », pourquoi sommes nous opposés à l’ouverture à l’urbanisme pavillonnaire sur ce lieu ?

  1. Menace pour la biodiversité : il s’agit d’une zone humide (Barthes de la Nivelle) à la riche biodiversité que tous les organismes officiels en charge des problèmes écologiques appellent à préserver.
  2. Risque d’inondation : Errota Zahar est situé dans le lit majeur de la Nivelle, zone tampon, éponge, qui dans des cas de fortes inondations associées à de gros coefficients de marée est appelé à jouer un rôle capital dans la protection des quartiers en bordure de la Nivelle : Urdazuri, Ixaka, Fargeot, Errepira ainsi qu’une bonne partie du centre- ville ! Dommage, et peut-être à terme dramatique, que la crue de 1983 s’efface peu à peu de la mémoire collective, mais plus grave aussi, semble-t-il, de celle des rédacteurs de ce projet !
  3. Étalement urbain : nous nous refusons à voir sur ce site d’Errota Zahar deux pratiques dénoncées et condamnées à une échelle plus large par des documents officiels comme le PADD et le SCOT : l’artificialisation d’une zone naturelle humide associée à la consommation de foncier périphérique. Cela aura comme première conséquence la poursuite de l’étalement et du mitage urbain !

Les principes du PADD à Saint-Jean-de-Luz

A l’appui de notre démonstration, il suffira de rappeler ce que le PADD luzien pose lui-même comme principes et impératifs :

  • Limiter l’empreinte du développement urbain en promouvant des actions soucieuses de l’environnement.
  • Réduire la consommation des espaces agricoles et naturels sur 10 ans dans le respect des nouvelles orientations du Code de l’urbanisme.
  • Établir des choix de développement compatibles avec les nombreuses contraintes tant physiques (environnementales, paysagères, risques…) que règlementaires (PPR, SPR, Natura 2000, servitudes…) et confirmer de façon intangible la protection des espaces naturels et des territoires agricoles.
  • Contrôler et limiter les occupations du sol dans les zones exposées aux risques (zones de submersion marine et fluviale).

Et de conclure par une question, l’ouverture à l’urbanisation de la zone Errota Zahar est-elle en adéquation avec les principes et impératifs posés par le PADD ?