L’année scolaire touche à sa fin et le chiffres tombent, implacables. Le nombre d’enfants en âge d’être scolarisé à Saint-Jean-de-Luz diminue de manière dramatique. Le risque de fermeture de poste à l’école Aice-Errota est maintenant dans les mains de l’administration. Les élus Herri Berri tire sur la sonnette d’alarme depuis de nombreuses années et les perspectives ne sont pas encourageantes. Le problème vient du manque de logements sociaux accessibles aux jeunes couples.

baisse des effectifs scolaires à Saint-Jean-de-lUZ

Des risques de fermeture de postes dans les écoles luziennes

Le nombre d’écoliers domiciliés dans la cité des Corsaires est en diminution depuis deux ans. D’où vient le problème?
Lors du dernier conseil municipal, les élus luziens se sont prononcés contre la fermeture d’un poste à l’école Aice-Errota, à la rentrée prochaine. L’inspecteur d’Académie attendra septembre pour confirmer ou non cette mauvaise nouvelle. L’incertitude plane également du côté de l’école du Centre.

Cela fait plusieurs années que la mairie et les parents d’élèves se battent, à chaque ajustement de la carte scolaire, pour préserver leurs classes. Cette mobilisation récurrente en dit long sur le manque de vitalité des effectifs scolaires dans la cité des Corsaires. Le chef de file d’Herri BerriPascal Lafitte, a tiré la sonnette d’alarme lors du dernier conseil : « Après trois années de relative stagnation des effectifs, nous avons atteint le seuil le plus bas depuis vingt ans, soit 850 élèves luziens. »

Vrai problème en maternelle

Pascal Lafitte s’appuie sur les chiffres transmis par le service scolarité de la mairie, qui fait le distinguo entre les écoliers des trois filières (public, privé, ikastola) qui habitent à Saint-Jean-de-Luz (852 en 2017) et ceux qui viennent de l’extérieur (474 en 2017). Sans l’apport des jeunes des communes avoisinantes, les effectifs fondraient comme neige au soleil.

Pour Herri Berri, le plus inquiétant est à venir : « Sur les deux dernières années, la déperdition totale, maternelle et élémentaire confondues, est de 6%. La maternelle seule accuse une baisse d’effectif de près de 20 %. C’est ce chiffre-là qui nous fait dire, hélas, que nous allons devoir très vite nous positionner sur de nouveaux retraits de poste. »

Le constat chiffré ne souffre d’aucune contestation possible : le nombre des écoliers de maternelle diminue depuis deux ans. Ce qui aura des conséquences pour les effectifs globaux dans les écoles dans les années à venir.

Quelles sont les causes de la baisse des effectifs scolaires ?

C’est sur les causes de cette baisse que les avis divergent. Du côté de la majorité municipale, l’adjointe aux Affaires scolaires évoque une tendance nationale : « Il y a de moins en moins d’écoliers dans le premier degré. Il faut aussi prendre en compte la dimension locale. Il n’y a pas de nouveaux quartiers tous les ans à Saint-Jean-de-Luz. Et moins de rotation dans les HLM. »

Des investissements de la ville satisfaisants

Si le groupe Herri Berri pointe du doigt les mauvais chiffres des effectifs scolaires, ce n’est pas pour dénoncer le manque de travaux dans les écoles ou pour remettre en cause les activités périscolaires. Loin de là : « L’investissement de la Ville dans les écoles est satisfaisant », félicite Pascal Lafitte.

Un manque de logements qui a des conséquences dramatiques

Sa cible est ailleurs : « Cette déperdition scolaire est un marqueur d’une réponse encore insuffisante au problème du logement. La flambée des prix de l’immobilier a pour conséquence d’exclure les jeunes couples et les primo-accédants. »

La majorité balaie l’utilisation politique des chiffres dans les écoles : « Il n’y a pas une seule explication à la baisse des effectifs scolaires. La société évolue, la démographie dans les quartiers aussi », relativise Patricia Arribas-Olano en rappelant que les inscriptions pour la rentrée 2018 ne sont pas encore closes : « Il faut attendre juin pour connaître les effectifs de septembre. » La rentrée sera scrutée.

Des chiffres qui questionnent

Le nombre d’écoliers à Saint-Jean-de-Luz, toutes filières (public, privé, ikastola), est passé de 1 536 en 1996 à 1 326 en 2017, soit une diminution de 14 %. La chute est encore plus importante dans le détail des élèves domiciliés à Saint-Jean-de-Luz (les autres habitent ailleurs, mais ont obtenu le droit de s’inscrire dans la cité des Corsaires).

En 1996, ils étaient 1 143. à la dernière rentrée, ils étaient 852, soit une baisse de 25 % en dix ans. Les effectifs globaux se maintiennent, voire augmentent, ces deux dernières années (1 307 en 2015, 1 326 élèves en 2017 soit + 1,5 %).

Mais le nombre d’élèves domiciliés à Saint-Jean-de-Luz passent de 909 à 852 dans le même temps (- 6 %). La baisse des élèves habitant à Saint-Jean-de-Luz est encore plus importante en maternelle : –20 %.

L’article original de Arnaud Dejean, daté de mai 2018, est consultable sur le site de Sud Ouest