Séjourner à bon prix dans de bonnes conditions pour les uns, arrondir ses fins de mois pour les autres ; le succès de la société californienne Airbnb et de ses concurrents directs (Abritel, Homelidays ou Sejourning) à Saint-Jean-de-Luz et dans le reste du Pays Basque ne se dément pas. Herri Berri cherche à mieux encadrer Airbnb.

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Airbnb : concurrence déloyale et manque à gagner fiscal

S’il participe à la démocratisation des séjours, cet essor exaspère les professionnels de l’hébergement qui y voient une forme de concurrence déloyale. Il interpelle également les élus quant au manque à gagner collectif lié au non versement systématique de la taxe de séjour. Dans certaines villes telles que Paris, San Francisco ou Barcelone), il inquiète carrément en transformant certains quartiers en « usine à hébergement » au détriment des candidats locataires à l’année. Les annonces « appartement au centre-ville de de Saint-Jean-de-Luz » ou « maison pour passer des vacances au bord de la piscine » se multiplient à cette période de l’année.

Airbnb : respecter les règles

A l’échelle de l’Établissement public de coopération intercommunale (EPCI) Pays Basque où cette compétence sera désormais gérée, il conviendra d’adopter une politique claire qui, sans stigmatiser cette nouvelle forme d’économie touristique, l’encadrera au mieux afin de répondre à l’intérêt général.
De récents textes de lois (décret publié le 30 avril 2017) obligent les loueurs de résidences secondaires à demander en mairie un changement d’usage et de destination de leur logement. Ce décret exige l’enregistrement des propriétaires de logements qui proposent leur bien sur des sites tels qu’Airbnb.
Concrètement, un numéro serait attribué par la mairie à chaque propriétaire qui propose son logement, afin de faire respecter les 120 jours de location par an maximum fixés par la loi pour une résidence principale. Une négociation avec la plateforme Airbnb pour la collecte automatique de la taxe de séjour permettrait de progresser en ce sens.

collecte de la taxe de séjour

Utiliser cette taxe en matière de logement social

Louer une pièce dans sa résidence principale pour arrondir ses fins de mois ne nous paraît pas mauvais en soi, ce ne sont pas ces propriétaires la qui nous posent problème.

Cette mesure nous paraît bonne d’abord parce que beaucoup de ces locations saisonnières représentent par certains aspects une concurrence déloyale pour les hôteliers locaux ; surtout, ce genre de locations actuellement complètement incontrôlé passe sous les radars du recouvrement de la taxe de séjour, dont la perception améliorée pourrait être utile au financement d’actions vertueuses en matière de logement ou de foncier.

Enfin et de manière générale, ce genre de locations deviendra vite la poule aux œufs d’or de tous ceux qui souhaiteraient bientôt contourner les mesures fiscalisant les résidences secondaires, il convient donc d’anticiper maintenant que la loi le permet.

Intervention de Peio Etcheverry-Ainchart au Conseil Municipal de Saint-Jean-de-Luz – 16 juin 2017