La santé des finances publiques fait l’unanimité, sans brider les vœux sur la réalisation des investissements.

La Grande Plage un dimanche de mars, ou comment illustrer le paysage budgétaire luzien, tel que présenté vendredi, lors du conseil municipal. Un paysage serein sans verser dans le bleu lagon et qui a donné matière à des bons points de la part de l’opposition sur les «fondamentaux», à quelques piques, sur les projets et réalisations, mais toujours
sur un ton cordial. À noter que les groupes Herri Berri et socialiste se sont abstenus sur le vote des comptes administratifs 2018.

Stationnement, droits de mutation et «mine d’or»

L’analyse du budget 2018 par Nicole Ithurria, première adjointe aux finances, fait montre d’une hausse des recettes
(+2,2%) au regard de 2017. Une santé assise sur les droits de mutation (près de 2 millions d’euros, sans les dépasser comme l’an dernier), un produit fiscal en augmentation avec le passage à 40% de la modulation de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, ou sur des droits de stationnement représentant près de 1,6 million d’euros, en hausse de 360 000 euros du fait de la réforme du stationnement payant.

«On peut presque parler de mine d’or du foncier et de l’immobilier[…]. Ces montants continuent à nous interpeller tant ils sont le signe de transactions à des prix de plus en plus élevés, ce qui nous oblige encore plus en terme de politique du logement afin de préserver la mixité sociale », note Alain Duclercq du groupe d’opposition abertzale Herri Berri.

Désendettement, fiscalité et faible taux de réalisation

la dette publique augmente
Comment utiliser l’argent des luziens ?

 

Les taux de fiscalité directe locale majoritairement inférieurs, voire égaux à ceux de Bayonne, Anglet, Biarritz, Bidart, Ciboure ou Hendaye et la capacité de désendettement sont des signes encourageants. « Saint-Jean-de-Luz présente une capacité de désendettement de 4,96 années », poursuit le maire Jean-François Irigoyen. Un bon indicateur parmi d’autres, «les charges de fonctionnement diminuent alors que les recettes évoluent plus vite […]. Depuis 2014, ce sont 21 millions d’euros qui ont été investis. Le seul bémol est le taux de réalisation», devance l’édile. Jean-François Irigoyen détaille deux projets d’investissement qui ont pris du retard: la reconstruction des vestiaires de Chantaco et l’extension des locaux de l’Ur Yoko (le club d’aviron). «Je rappelle que ces retards et les surcoûts ne sont pas le fait de la commune, mais bien des prescriptions du PPRI (Plan de prévention des risques d’inondation).»
Pascal Lafitte, élu du groupe municipal Herri Berri, s’inquiète du faible taux de réalisation des dépenses d’équipement, soit 59 % seulement sur le budget primitif 2018. «Ne serait-ce pas l’annonce d’une atonie à venir pour la partie investissement concernant les 4,8 millions d’euros au titre des grands projets ? » « Bien sûr, vous pouvez arguer qu’il y a des lenteurs administratives ou juridiques. À force de ne pas partir, on risque de ne jamais arriver », complète, sur le même thème, Alain Duclercq.

4,8 millions d’euros engagés sur les grands projets en 2019

À l’heure de la présentation du rapport d’orientations budgétaires 2019, le maire annonce: «Nous entrons dans une phase opérationnelle pour un certain nombre de grands projets. Ce sont, en 2019, 4,8 millions d’euros que nous allons engager à ce titre. » Parmi ceux-ci, la réhabilitation du pôle petite enfance, qui sera inauguré cet été. La gestion de ce pôle pour l’accueil unique des 0-12 ans sera passée en régie avec la Caisse d’allocations familiales «pour maîtriser les coûts de fonctionnement».
Le projet de l’îlot Foch, voué à restructurer l’entrée de ville depuis la gare SNCF jusqu’au quai des Corsaires, entre en phase d’investissement, avec 100 000 euros inscrits en 2019 pour les études relatives au parking souterrain et à l’aménagement urbain. Un projet qui ne rencontre pas l’assentiment du socialiste Pierre-Laurent Vanderplancke, déplorant «une concertation de la population pas assez transparente ». «Je ne vois pas comment elle aurait pu être plus transparente », rétorque le maire. L’élu de gauche regrette « un parking souterrain très très cher. Un parking aérien est nettement moins cher et il y a la possibilité de le faire à proximité immédiate. On a le sentiment que vous le faites plus pour les intérêts du commerce que de la population à long terme.»

La culture a échauffé les débats

La librairie Louis XIV vendue à Etxe Peio
La librairie Louis XIV vendue à Etxe Peio

 

Financement du pôle culturel, achat du chapiteau des Écuries de Baroja à la Ville d’Anglet ou situation des libraires du centre-ville ont nourri les échanges.
Vendredi, il a fallu attendre les thèmes culturels pour que les débats s’échauffent. «Gabegie», lance Peio Etcheverry-Ainchart, élu Herri Berri, après le constat du prochain avènement de trois salles de spectacles à Saint-Jean-de-Luz et Ciboure : salle polyvalente, Récollets et pôle culturel. « Nous ne nous serions jamais lancés dans un tel projet sans concertation avec les communes environnantes. N’y a-t-il donc pas un plan d’ensemble à envisager entre Ciboure et Saint-Jean-de-Luz pour éviter une telle gabegie, tout en maintenant un même niveau d’offre culturelle ? »
Le maire, Jean-François Irigoyen, souligne que si la Ville autofinance à hauteur de 5 millions d’euros le pôle du quartier Aïce Errota, la Région mettra un million d’euros et la recherche de financements auprès de l’Agglomération Pays basque, du Département et de l’État est en cours.

Yvette Dubarbier (Herri Berri) regrette que le chapiteau des Écuries de Baroja, que la Ville vient d’acheter à Anglet moyennant 120 000 euros pour pallier la fermeture de l’auditorium Ravel (remplacé par un centre de congrès) ne soit pas acheté par l’Agglomération Pays basque afin qu’il soit utilisé par d’autres communes, après Saint-Jean-de-Luz.

Enfin, Peio Etcheverry-Ainchart attire l’attention du Conseil municipal « sur la situation préoccupante des librairies», suite à la récente cession de la libraire Louis XIV, avec la prochaine fermeture de la librairie Hitzak, rue Gambetta, et avec la mise en vente de celle du 5e Art, rue Sopite. Il propose des solutions (Scop, droit de préemption) et demande au maire «comment il perçoit cette situation». L’édile répond: «Je le vis mal, mais je ne me vois pas monter une librairie en bas de la mairie.»

lundi 11 mars 2019 – Emmanuelle Fère – Sud Ouest

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