crèche bascophone Luma à Ciboure

Subventions à la crèche Luma de Ciboure

Le conseil municipal s’est prononcé dans sa séance du 3 avril 2015 sur les subventions attribuées aux associations et à divers organismes. Des subventions complémentaires doivent être versées.
Crèche Luma : 1.000 €
Les crédits correspondants sont ouverts au budget primitif 2015.
Il est proposé au conseil municipal de voter cette subvention et d’autoriser M. le Maire, ou ses adjoints délégués, à signer, en tant que de besoin, la convention afférente à son versement.

Nous ne nous opposons évidemment pas à cette subvention, mais tenons à formuler quelques remarques à ce sujet.

Comme le précise la délibération, les subventions à la crèche Luma ont déjà été votées lors du conseil d’avril, dans le paquet général des subventions aux associations. Il n’y a rallonge que parce qu’il est considéré avec raison que le nombre d’enfants luziens accueillis dans cette structure cibourienne est plus important et justifie une participation supplémentaire.

Pas de crèche bascophone à Saint-Jean-de-Luz

Or ce constat est en soi une anomalie ; d’abord par principe, car il est stupéfiant de rappeler qu’il n’existe pas déjà de crèche bascophone à Saint-Jean-de-Luz, dans une ville de 14.000 habitants en outre d’un profil sociologique et culturel tels que les nôtres ; et ensuite lorsque l’on rappelle le débat qui nous avait opposés, il y a 2 ans ici même en conseil et sur cette question, l’adjointe à la petite enfance disant avec un superbe aplomb qu’il n’y avait aucune demande de ce type dans la ville. Quelques mois plus tard donc, probablement du fait d’un baby-boom jamais constaté dans quelque annale démographique et bizarrement limité aux parents bascophones, cette demande a explosé. Dont acte.

Nous allons donc voter cette délibération mais nous ne pouvons nous arrêter à cela, car le problème de fond de l’absence d’une crèche bascophone dans cette ville reste entier. Que Sagardian – qui fait office de crèche municipale – refuse ce service en basque est honteux, mais c’est ainsi. Par contre, que la Ville n’ait jamais été à l’initiative de la création d’une autre crèche n’est pas beaucoup plus flatteur.

Le projet d’une Maison d’Assistance Maternelle

Aujourd’hui, un projet alternatif est en cours, qui nous a été servi sur un plateau par des assistantes maternelles indépendantes souhaitant se regrouper en une Maison d’Assistance Maternelle. Or malgré le fait que cette nouvelle configuration soit plus souple qu’une crèche dans tous les domaines, juridiques et techniques, autrement moins coûteuse et d’ailleurs en grande partie financée par l’Aide Familiale et Sociale, déjà pourvue en personnel compétent et même en enfants, et que son site d’accueil est déjà connu et peut être considéré comme idéal, il traîne depuis près de deux ans aujourd’hui et n’est pas annoncé avant encore deux nouvelles années ! Et encore n’avons-nous aucune précision sur cette date : rentrée 2016 ou rentrée 2017, nous avons entendu les deux dates.
Peut-on rappeler que la même structure a été créée à Anglet en 6 mois, en moins de deux ans à Hendaye, et qu’une autre pourtant lancée plus tard que la nôtre est déjà en cours d’achèvement en Soule ? Pourquoi cela traîne autant ici ? Que le temps passant, les familles luziennes qui avaient déjà annoncé leur souhait de mettre leur enfant dans cette MAM ne puissent plus espérer le faire est une chose : nous n’avons aucun doute sur le fait qu’elles seront remplacées par d’autres ; tant pis pour elles, elles devront jusqu’au bout amener leur enfant jusqu’à Ciboure, voire chez des nounous privées d’Urrugne ou Ascain, ou même francophones. Mais pensez-vous donc aux porteuses du projet de MAM elles-mêmes, à qui on assure que le projet va aboutir mais qui doivent attendre plus de trois ans pour obtenir leur outil de travail, sans avoir forcément les moyens matériels d’assurer ce service individuellement pendant ce temps ? Attend-on qu’elles doivent chercher un autre travail pour vivre et qu’il n’y ait plus d’assistantes maternelles bascophones à mettre dans la maison ?

Des délais qui posent question

Dans cette ville où l’on sait faire les choses vite et efficacement quand on le veut bien, de tels délais pour un projet aussi peu compliqué à réaliser deviennent suspects – je rappelle encore une fois qu’il ne s’agit pas d’une crèche municipale mais d’une prestation de service. Hors des discussions de couloir ou des rencontres de cours d’école, est-il possible de savoir officiellement où nous en sommes du projet, quand est-il prévu qu’il aboutisse, et pourquoi c’est aussi long ? »

Peio Etcheverry-Ainchart au nom des élus Herri Berri – Conseil Municipal du 18 septembre 2015