Dans un article daté du 7 octobre 2018, le quotidien Sud Ouest explique le projet de réhabilitation alternatif de l’îlot Foch porté par Herri Berri.

Le groupe municipal d’opposition, Herri Berri, a présenté samedi ses idées d’alternatives pour améliorer cette grande mutation stratégique de l’espace hyperurbain.
Début de journée vert et alternatif, samedi, à Saint-Jean-de-Luz. Après l’opération coup-de-poing des militants de Bizi ! Venus symboliquement bloquer le pont Charles-de-Gaulle pour réclamer au plus vite un franchissement sécurisé pour les cyclistes, le groupe d’opposition municipale Herri Berri donnait rendez-vous quelques mètres plus loin pour dévoiler officiellement un « contre projet » pour l’Îlot Foch.

« L’idée n’est pas de remettre tout en cause, ce serait irresponsable. D’autant que nous n’avons rien à dire sur l’opportunité offerte par ce projet de promoteur. Nous souhaitons simplement participer à améliorer certaines choses, avec le souci d’être constructif », fixe d’entrée leur leader, Peio Etcheverry-Aintchart.

La question du parking

La synthèse de leurs critiques et propositions débute par la réaffirmation de leur opposition à un parking sous-terrain vu comme « un nouvel aspirateur à voitures puissance 2 ou 3, après celui des Érables ». Pour contrer cet effet redouté, le groupe Herri Berri demande a minima de « le réserver en priorité aux personnes qui vivent ou qui travaillent dans le centre-ville ». « Pour les visiteurs, nous continuons à prôner la réalisation de parkings relais. Et pour ceux qui ne font que traverser nous les voulons sur l’autoroute, avec un appel à l’agglomération pour le principe de gratuité », détaille le conseiller, Pascal Lafitte.

Le même pointe « des inquiétudes autour des coûts de réalisation certainement très élevés d’un ouvrage prévu à R-5, R-6 ou R-7 ». Il dénonce quoi qu’il en soit « l’absence d’études géotechniques préalables, qui auraient permis de pouvoir le chiffrer ».

Le sujet des mobilités

Dans l’optique de « favoriser le recours aux transports en commun et à la mobilité douce », Herri Berri revoit également la copie du cheminement piéton et cycliste. Outre une plus grande attention portée à la signalétique, et en attendant la création d’une passerelle à encorbellement spéciale cycliste en parallèle du pont Charles-de-Gaulle, les plans soumis samedi projettent « des alternatives pour que les piétons ne soient jamais en contact avec les véhicules motorisés ».

Ils leur interdisent notamment le franchissement de l’axe très fréquenté de la D 810. « Nous préconisons d’obliger les piétons à emprunter le passage sous-terrain situé 50 mètres plus loin », marque Pascal Lafitte.

Le besoin de végétaliser

Farouchement opposé à la « trop grande minéralité du projet municipal », Herri Berri veut « ajouter des végétaux partout où l’on peut ». Yvette Debarbieux pense bien sûr au square Verdun, « avec un monument aux morts conservé au même endroit et dans la mesure du possible une petite étendue d’eau, type bassin ». Le vœu est surtout de « végétaliser la place des Corsaires ». Et si possible de « trouver une solution pour en faire de même sur l’espace qui la sépare du square Verdun », une zone imaginée à ce jour en béton désactivé.
« En revanche nous ne remettons pas en cause le principe d’un espace libéré pour les manifestations type fête du thon, fête de la bière et bien sûr Fête de la Saint-Jean », en lieu et place de l’actuel parking Foch, précise Peio Etcheverry-Aintchart.

L’occupation de l’espace

Autre préoccupation : l’appropriation du nouvel espace. Côté loisirs, Alain Duclercq et ses soutiens y verraient bien un fronton type mur à gauche, un espace de jeux pour enfants, et le déplacement des stands de glace à proximité du square des Corsaires. Le conseiller municipal s’attache aussi à la destination économique de proximité des rez-de-chaussée du nouvel ensemble immobilier, avec « des commerces du quotidien et non des banques, des assurances et des agences immobilières ». Il réaffirme aussi le souhait de « conserver un lieu de vie tel que Chez Renauld », « un vrai succès qui a permis de rajeunir un peu l’image de la ville ». Un lieu qui « devra être ouvert toute l’année », insistent les abertzale.

Le souci des logements

Convaincu par l’idée d’aligner les façades à R + 3 et plutôt satisfait du style architectural art déco retenu, Peio Etcheverry-Aintchart redit en revanche son inquiétude sur la manière dont sera respecté l’engagement des 50 % de logements en locatif social ? « Le fait acquis des 10 logements sur 20 ou 21 réservés à cet effet nous convient. Par contre, attention à ce que ne ce soit pas que des T1 ou T2, puis des T3 ou T4 laissés en accession libre. On sera vigilant », livre-t-il en l’attente de la promulgation du futur PLU.

Alain Duclercq réclame aussi « une partie hôtelière complémentaire, pas dans le haut de gamme, qui existe déjà, mais plutôt avec de nouveaux concepts type auberge de jeunesse améliorée », énonce-t-il en soulignant « l’avantage de la proximité avec la gare ».

Une piste pour agrandir la médiathèque ?

Dans le prolongement du projet Foch, le groupe Herri Berri imagine une possibilité nouvelle d’agrandissement de la médiathèque. « Un effet d’aubaine malheureux mais intéressant apparaît en effet rue Mauco, où se trouve un immeuble laissé à l’abandon depuis vingt-cinq ans », officialise Peio Etcheverry-Aintchart. « La personne qui en était propriétaire et qui refusait de le céder est décédée, et ses héritiers vont vendre », prolonge-t-il en suggérant à la municipalité de « préempter ». L’idée serait ensuite de « fermer la rue et faire une jonction avec la médiathèque ». Herri Berri, qui a déjà contacté l’Établissement public foncier local, entrevoit « un projet intégré à l’îlot Foch et à son plan de financement », via « un bail à construction inversé ».

L’article original de Vincent Dewitte, daté du 7 octobre 2018, est consultable sur le site de Sud Ouest