Ça y est ! Après plusieurs mois de débats publics en tout genre, d’ateliers thématiques destinés à définir les contours de la future organisation territoriale, nous en sommes à la phase décisionnelle de ce dossier lié à l’Établissement Public de Coopération Intercommunale (EPCI) unique ou « Communauté Pays Basque ».

Puisque nous sommes ici à Saint-Jean-de-Luz, il n’est pas forcément utile de revenir encore une fois sur les malheureux développements de cette affaire dans les intercommunalités voisines, en particulier au sein de l’Agglomération Côte Basque – Adour (ACBA). Nous nous contenterons d’adresser notre soutien entier aux élus de tous bords qui y affrontent actuellement l’offensive souvent haineuse des adversaires de ce projet, en premier lieu à Jean-René Etchegaray qui est en première ligne et dont la ténacité force le respect. Bien que l’enjeu statistique y soit moins important, notre soutien va également à toutes celles et tous ceux qui font le même travail dans les communes de l’intérieur où le travail de sape conduit par Jean-Jacques Lasserre et ses alliés n’est pas moins fort, et souvent pas très digne.

logo de la communauté pays basque

Localement, la partie est plus aisée, le consensus s’étant déjà manifesté et de manière très large en faveur de cette nouvelle structuration de notre territoire. En ce domaine, Herri Berri reconnaît bien volontiers le travail que vous, M. le maire, avez particulièrement réalisé. Vous vous êtes investi au plan politique, au plan technique, cet investissement n’a souffert d’aucune ambiguïté et nous en sommes heureux. Si nous maintenons toutes nos réserves, voire toutes nos critiques, sur de nombreux points importants de votre politique municipale, au moins sur celui-ci nous nous retrouvons sur le même bateau et nous savons vous le dire. Bien sûr, nous aurions préféré qu’il en fût déjà ainsi à l’époque des campagnes en faveur du département Pays Basque ou de la collectivité territoriale, dont nous savons bien que vous y étiez personnellement favorable mais que d’autres intérêts probablement supérieurs vous avaient conduit à ne pas l’assumer. Mais sans rien oublier du passé, sans oublier quel groupe municipal luzien aura été le seul à conserver avec constance et détermination cette revendication, aujourd’hui nous nous satisfaisons de la quasi-unanimité de cette enceinte lors du premier vote consultatif de novembre dernier, et espérons que celui de ce soir la renouvellera.

L’EPCI, comme Rome jadis, ne se fera pas en un jour.

Car désormais les choses nous semblent bien plus claires encore qu’il y a quelques mois. Des doutes avaient surgi sur des points tels que la gouvernance, la fiscalité, le calendrier ou les modalités de prise de décision établies par le préfet. Visiblement, aux yeux de certains ils subsistent et nous reconnaissons bien volontiers que ces doutes sont légitimes car une telle évolution institutionnelle ne se fait jamais sans inconnues, sans tâtonnements. L’EPCI, comme Rome jadis, ne se fera pas en un jour. Mais il serait de bien mauvaise foi que de considérer que les principaux contours de cette nouvelle communauté ne sont pas aujourd’hui connus et maîtrisés. L’intelligence collective, qui a présidé aux ateliers de Hasparren comme elle avait auparavant présidé à toutes les réflexions menées au sein du conseil de développement ou du conseil des élus, lors des démarches Aménageons le Pays Basque ou encore avant Pays Basque 2010, a porté ses fruits. Nous n’évoquons ceci que dans le but de rappeler aux plus sceptiques, qui voudraient trop laisser croire que tout s’est fait dans la précipitation, que la question de l’aménagement du Pays Basque nord n’a au contraire jamais cessé d’être portée depuis au moins 25 ans. Elle est bel et bien mûre, nous sommes bel et bien prêts.

Évidemment, nous savons tous très bien que les adversaires actuels du projet ne désarmeront pas une fois le débat achevé. Nous pouvons nous douter qu’ils feront probablement tout, du côté de Bidart, Biarritz ou Anglet, pour entraver la bonne mise en place de la structure, histoire de pouvoir dire « vous voyez, nous avions raison ! », et ils s’en donnent les moyens en trustant les grands postes de décision au sein de l’ACBA. Mais personne n’est dupe de ces prophéties auto-réalisatrices, et les forces vives qui auront porté ce projet seront encore là pour aider à sa concrétisation et œuvrer à son amélioration constante, pour y obtenir par exemple la mise en place d’un suffrage universel direct, et évidemment des orientations politiques allant dans le bon sens.

Mais avant cela, il reste encore à emporter la décision sur ce dernier tour de consultation, cette fois décisionnel. Car à grand renfort d’encarts de presse payés par des fonds publics – ce qui est évidemment une honte –, il est possible que les adversaires de notre projet aient semé quelques derniers doutes chez ceux qui pouvaient encore hésiter. Il est donc important que les votes des premières communes soient massifs, clairs. Il est également important de conserver la mobilisation qui a parcouru la société, du conseil des élus à la CDCI, ou au fil des 158 communes du Pays Basque nord de novembre à aujourd’hui avec Batera. Au sein de ces dynamiques collectives, derrières lesquelles toutes les bannières de partis politiques ont été laissées de côté – en tout cas l’écrasante majorité d’entre elles –, on peut dire que le boulot a été fait mais il reste à le conclure. Nous sommes ce soir déjà à plus de 90 000 habitants dont les élus ont voté oui, c’est plus de la moitié du chemin d’ores et déjà effectué, avant que nous votions nous-mêmes pour dépasser la barre des 100 000.

Nous rappelons donc que demain matin aura lieu, de manière simultanée en quatre lieux du Pays Basque nord, un rassemblement voulu massif. Ici, il aura lieu sous la criée de Ciboure à 11h, pour une photo de groupe avec un petit panneau « BAI », « oui » à l’EPCI. La présence des élu-es luziens est évidemment souhaitée. Pour le reste, alea jacta est

P. Etcheverry-Ainchart – Conseil municipal du 1er avril 2016