Raphaëlle Gourin, correspondante de Sud Ouest, interviewe les élus Herri Berri et ceux du Parti Socialiste sur les principaux dossiers concernant la ville de Saint-Jean-de-Luz. Après Peyuco Duhart, maire de Saint-Jean-de-Luz et président de l’Alomération, place à ses opposants. Les abertzale de Herri Berri et les socialistes du Groupe de gauche donnent leur vision de la politique locale.

Logement : trop de privé ?

L’immeuble des Érables, boulevard Victor-Hugo, est bientôt achevé. Celui d’Alday, à l’ancienne école Saint-Joseph, débute en 2016. Peyuco Duhart annonce aussi la vente à venir de l’ancienne école des garçons pour y faire une résidence senior.
  • Les membres de Herri Berri se disent « interpellés ». « Ce sont trois exemples de programmes exclusivement privés. Résultat, même s’ils comprennent les 30 % de logements sociaux obligatoires, on arrive à des prix au m² qui grimpent à 8 000 euros. » « Si on veut vraiment maîtriser ces coûts, il faut maîtriser le foncier en le gardant dans le giron public. C’est tout l’inverse de ce qu’il fait. »
  • Même son de cloche du côté des socialistes : « Comme d’habitude, ce sont des logements trop chers, qui ne conviendront pas à la population locale. C’est trop élitiste. » Ils dénoncent une vision « à court terme ».
Et les deux groupes de s’interroger sur le projet de résidence senior. S’ils approuvent le choix de la population visée, tous en appellent à ce que les futurs loyers restent modérés.
boulevard victor hugo ancien sens de circulation

Le boulevard à sens unique ?

Peyuco Duhart prolonge la mise en sens unique du boulevard Victor-Hugo au moins jusqu’à l’été.
  • Pour le Groupe de gauche, c’est très clair : « Il n’a pas de raison d’être. Ou alors, il faut imaginer les moyens de repartir facilement dans l’autre sens. » Ils s’interrogent aussi sur son impact « pour le développement économique » puisque cela « complique l’accès de ceux qui arrivent par le Sud. »
  • Les élus d’Herri Berri estiment, eux, que le sens « n’est pas le fond du problème. Le problème, c’est la saisonnalité. Le problème, c’est le nombre de voitures qui tentent d’accéder au centre-ville. »
Tous voient la solution dans le renforcement des parkings relais aux entrées de ville. Les abertzale préconisent d’ailleurs de rendre les conditions d’accès au centre plus compliquées pour les voitures, et de réserver « les parkings du centre à ceux qui y vivent et y travaillent. Mais pour nous, la vraie voie de pénétration dans la ville reste la voie ferrée. »

Consensus sur les bus

L’Agglo Sud Pays basque lance à la prochaine rentrée un vrai réseau de transports en commun par bus. Tous approuvent le principe mais attendent de voir les tarifs, le maillage, les horaires et le cadencement qui seront proposés.
Harriet Baita, futur pôle culturel

Harriet Baita, lieu culturel

  • Après avoir lorgné les anciens tennis couverts pour aménager une halle culturelle, le maire évoque une nouvelle option : Harriet Baita. « Ce serait formidable, mais Peyuco Duhart n’est pas très précis. Est-ce que c’est juste un coup de communication ? », interrogent les élus PS.
  • De leur côté, les abertzale taquinent : « Pirate ! Voleur ! C’est bien, l’équipe en place reprend les bonnes idées de notre programme. Tant mieux, s’ils prennent enfin conscience qu’ils ont dans cet espace public de 14 000 m² assorti d’un parking, un lieu idéal pour accueillir un pôle culturel. »

Plus d’ambition pour le fort

Transformer le fort de Socoa en plateforme scientifique estampillée « glisse et océan » comme le projette l’Agglo, les oppositions luziennes ne sont pas contre. À quelques réserves près.
  • « On craint que tout soit axé uniquement sur la glisse, disent les abertzale. Il ne faut pas s’en contenter et mettre en place dans ce lieu deux autres pôles de recherche en plus sur les énergies marines et sur la ressource halieutique. »
  • Les socialistes parlent également « de viser plus grand, d’ouvrir aussi sur la biologie marine, la pêche ». Ils regrettent par ailleurs « que l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA) et notamment son unité sur le Pays basque n’y soient pas associées ».
voir l’article sur le site de Sud Ouest