militants herri berri place du collège

La vente prévue des locaux de Saint-Joseph donne l’occasion à l’opposition abertzale d’interpeller le maire sur la question du logement social en centre-ville.
Que Herri Berri choisisse les bancs de la place du Collège pour parler logement n’avait évidemment rien du hasard. Juste derrière, nichés en plein cœur du centre ancien, les locaux de l’école Saint-Joseph, propriété de l’association paroissiale Saint-Jean-Baptiste.

Ils ne sont plus aux normes

L’association a décidé de vendre cet ensemble immobilier (nos précédentes éditions) pour reconstruire l’établissement sur le site d’Urquijo où se trouve déjà sa maternelle. Fort de cet exemple emblématique, il s’agissait donc pour le groupe d’opposition abertzale, en précampagne des municipales, de dérouler in situ son argumentaire sur l’immobilier et le logement social en centre-ville.
À cet endroit, il serait possible de construire des logements répartis sur un rez-de-chaussée et deux étages. Très logiquement, le site sera vendu au plus offrant, un promoteur. « C’est normal, l’école a un projet derrière. Mais, peu importe dans le fond qui rachète, expose Peio Etcheverry-Ainchart. Ce qui nous interpelle, c’est que la mairie ne cherche pas à préempter pour tenter d’acquérir ce site en plein centre-ville où elle pourrait construire du logement social. »

Facture trop salée

User de son droit de préemption lui permettrait d’être prioritaire pour acquérir le bien au moment de la vente. Mais préempter suppose d’avoir les moyens d’acheter. Or, poursuit l’élu, « au prix du marché, même si la Ville le voulait, elle ne peut plus le faire aujourd’hui. » À 5 000 euros le m² au grand minimum, la facture serait en effet bien trop salée pour pouvoir être assumée par une municipalité.

Les abertzale luziens y voient la conséquence d’un manque d’anticipation de l’équipe en place. « Nous tirons la sonnette d’alarme depuis trois mandats sur la nécessité de constituer des réserves foncières, mais, disent-ils, le maire n’a pas pris en compte nos remarques. Aujourd’hui, il est trop tard, les prix ont trop augmenté. Pourtant il manque 330 logements en locatif social sur Saint-Jean-de-Luz. »