Le groupe Herri Berri a rappelé à Peyuco Duhart, qu’il avait promis en septembre l’hébergement de deux familles. L’intervention a provoqué un incident.

L’exil est un long chemin. Qui ne se jette pas encore dans la baie. Des réfugiés syriens verront-ils un jour l’oasis luzienne ? C’était prévu, si l’on s’en réfère à « l’accord de principe » exprimé pour « l’accueil de deux familles » par le maire Peyuco Duhart, lors du conseil du 18 septembre 2015, au plus fort de la crise humanitaire.
Ne voyant personne arriver neuf mois plus tard, le groupe d’opposition Herri Berri, mené par Peio Etcheverry-Ainchart, a décidé d’apostropher le premier édile en séance municipale, vendredi soir, ce qui a donné lieu à une passe d’armes politique aussi courte que virulente.

familles syriennes accueillies à Hendaye

La question de confiance

L’élu abertzale a remis le sujet sur la table lors de l’ultime délibération, dédiée au projet de logements locatifs sociaux dans l’immeuble Garrouteigt, rue Gambetta, via un bail emphytéotique signé avec l’Office 64 (lire par ailleurs). « Satisfait » de voir les loyers maîtrisés promus, Herri Berri n’a, en même temps, pas caché une certaine « perplexité » : « Nous aurions trouvé plus judicieux d’utiliser ces logements pour d’autres destinations. » Entre autres, l’hébergement « d’urgence de réfugiés relocalisés ».

Réponse de Peyuco Duhart, dans un premier temps apaisée : « Sur le problème des réfugiés, j’ai écrit à la préfecture, je l’ai relancée l’autre jour. Je n’ai aucune proposition de famille pour l’instant. » Une affirmation qui a fait bondir Peio Etcheverry-Ainchart. « J’ai appelé la préfecture, qui me l’a confirmé par mail le 6 juin : aucune offre de logement n’a été faite de la part de Saint-Jean-de-Luz. » Et le conseiller d’opposition d’ajouter qu’un message Internet de rappel avait été adressé par l’état à l’ensemble des maires du département le 15 avril dernier.
« C’est à la suite de ce mail que j’ai relancé la préfecture, a réitéré Peyuco Duhart, faites-moi confiance. » « Non ! », a répliqué aussi sec le contradicteur luzien. Gêne dans les rangs, emportement du maire : « L’incident est clos, ce n’est pas à l’ordre du jour, on passe au vote. » Un scrutin auquel Herri Berri a immédiatement fait savoir, au milieu du brouhaha ambiant, qu’il ne prendrait pas part. Une première.

« On s’est fait enfumer »

De fait, l’altercation n’était pas terminée, comme en atteste la réaction outrée des élus d’Herri Berri à la sortie de l’assemblée. « Sur la forme, on a un maire qui s’autorise un excès d’autorité en coupant le débat parce qu’il est gêné, ce qui est totalement anormal en conseil municipal. »

Quant au fond, ils n’en démordent pas, copie du courriel envoyé par la préfecture à l’appui. « C’est clair, il n’y a pas eu de demande d’accueil de réfugiés par la Ville. On a été victime d’un enfumage en septembre », fustige Peio Etcheverry-Ainchart. « Sa réponse d’alors était de l’opportunisme. Dans la mesure où rien n’a été fait depuis, c’est devenu un mensonge en conseil municipal », renchérit Pascal Lafitte.
« Ma parole vaut la leur », a maintenu Peyuco Duhart, joint par téléphone ce week-end, dénonçant « une volonté de faire de la polémique » et assumant sa reprise en main musclée de l’ordre du jour. Et les réfugiés dans cette confusion ? « C’est notre priorité »,  jure Herri Berri. « La volonté est toujours d’accueillir deux familles », promet Peyuco Duhart. Cette fois, c’est certain, la préfecture est au courant.

Deux logements sociaux réalisés

Le Conseil municipal a approuvé le bail emphytéotique, d’une durée de cinquante-cinq ans avec l’Office 64 de l’habitat, pour réaliser deux logements sociaux dans l’immeuble Garrouteigt, situé au 66 rue Gambetta. Ce projet cadre avec l’esprit du legs initial du bâtiment à la Ville en 1974, qui prévoyait sa « destination sociale ».

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